Fabrice Andrivon critique "Mauvaise Pioche" et "Cocorico 2" : des films formatés sans relief
Critique de "Mauvaise Pioche" et "Cocorico 2" : films sans relief

Fabrice Andrivon fustige deux comédies françaises formatées

Dans les salles obscures de Mende, Marvejols et Saint-Chély-d’Apcher cette semaine, deux films français sont projetés, mais selon la critique acerbe de Fabrice Andrivon dans Midi Libre, ils incarnent tout ce qui ne va pas avec le cinéma comique contemporain. "Mauvaise Pioche" et "Cocorico 2" sont décrits comme des productions sans relief, formatées et consensuelles, qui contrastent douloureusement avec l'humour inventif des années passées.

Un cinéma d'antan révolu

Andrivon évoque avec nostalgie le temps où le Splendid et les Inconnus illuminaient les samedis soirs télévisés, apportant joie et subversion. Aujourd'hui, selon lui, ne subsistent que des films fades, alignés comme un métronome, laissant aussi peu de traces dans l'histoire du cinéma qu'un pas de fourmi dans le Sahara. Cette semaine, des survivants de cet humour jadis délicieux proposent leurs œuvres, mais le résultat est décevant.

"Mauvaise Pioche" : une catastrophe gênante

Gérard Jugnot arrive avec "Mauvaise Pioche", un film que le critique qualifie de pesant et sinistre. Andrivon affirme que Jugnot a rangé toute irrévérence au placard, se contentant de filmer sans imagination des gags ancestraux avec une jeune génération d'acteurs patauds. Il décrit le film comme une catastrophe, un peu gênante dans son discours, fatiguée comme un vieux truc abandonné dans une poubelle. La critique est sans appel : c'est un échec artistique flagrant.

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"Cocorico 2" : le naufrage mercantile

Le pire, selon Andrivon, est atteint avec "Cocorico 2", mettant en scène Christian Clavier et Didier Bourdon. Ce film de franchise ne cache même pas son côté mercantile, alignant des gags jamais drôles qui semblent exister uniquement pour justifier le salaire de ses deux stars en surjeu. Mal écrit, sans construction, pesant et ringard, il représente un vrai naufrage pour des acteurs autrefois appréciés. La critique souligne l'absence totale de créativité et l'aspect purement commercial de l'entreprise.

Un succès paradoxal

Andrivon note, sans cynisme excessif, que ces films vont probablement rencontrer du succès au box-office. Leur succès financier pourrait même permettre de financer des réalisateurs plus audacieux comme Bruno Dumont ou Justine Triet. Cependant, il questionne si le cinéma en sort grandi, suggérant que cette dynamique mercantile nuit à l'innovation artistique. Les entrées de ces films formatés soutiennent l'industrie, mais au détriment de la qualité et de la diversité créative.

En somme, la critique de Fabrice Andrivon dans Midi Libre dresse un portrait sombre de l'état de la comédie française, où le formatage et le mercantilisme prennent le pas sur l'humour et l'originalité. Les films comme "Mauvaise Pioche" et "Cocorico 2" symbolisent cette tendance, loin de l'esprit subversif et joyeux qui caractérisait autrefois le cinéma comique en France.

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