Le président du CNC prend la parole
Le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a réagi ce mercredi à la tribune de 400 cinéastes dénonçant « l’emprise » de Vincent Bolloré sur le cinéma français, ainsi qu’à la décision de Canal+ de réduire drastiquement son financement du 7e art. Dans un entretien accordé à nos confrères du Film français, il met en garde contre « les prophéties autoréalisatrices » et appelle à ne pas céder à la panique.
Une tribune qui interpelle
Publiée lundi dans Libération, la tribune intitulée « Zapper Bolloré » a recueilli le soutien de nombreuses personnalités du cinéma, dont des réalisateurs, producteurs et acteurs. Les signataires y dénoncent la mainmise du groupe Vivendi sur le paysage audiovisuel français et appellent à un sursaut collectif pour préserver la diversité culturelle. Dominique Boutonnat reconnaît la légitimité de ces inquiétudes, mais estime que « le cinéma français a les moyens de se défendre ».
La décision de Canal+ en question
En parallèle, la chaîne cryptée a annoncé qu’elle allait réduire de 20 % son investissement dans le cinéma français à partir de 2026, une décision qui a suscité l’émoi dans la profession. Le patron du CNC relativise : « Canal+ reste un partenaire majeur, mais il est normal que son modèle économique évolue. Nous devons anticiper ces changements plutôt que les subir. » Il rappelle que le CNC dispose de mécanismes de soutien pour accompagner la transition.
Un appel à l’unité
Dominique Boutonnat insiste sur la nécessité de « ne pas opposer les uns aux autres » et de travailler collectivement à la pérennité du financement du cinéma. Il évoque des pistes comme la renégociation des accords avec les plateformes de streaming ou le renforcement du rôle du CNC. « Nous sommes face à un tournant, mais ce n’est pas une fatalité », conclut-il.



