Festival de Cannes 2026 : des étudiantes iraniennes de Sciences Po Menton bouleversées par Farhadi
Cannes 2026 : étudiantes iraniennes bouleversées par Farhadi

Festival de Cannes 2026 : deux étudiantes iraniennes de Sciences Po Menton bouleversées par le film d’Asghar Farhadi

Une petite délégation de Sciences Po Menton a pu assister à deux projections de films en compétition du Festival de Cannes 2026. Parmi eux, Histoires parallèles, d’Asghar Farhadi, chargé en symbole pour les deux étudiantes iraniennes du campus.

« Le cinéma et la littérature m’aident à me sentir proche de mon pays », assure Lili, une étudiante iranienne.

Avec 400 étudiants originaires de 65 pays différents, Sciences Po Menton a fait du cosmopolitisme une réalité quotidienne. Mais au sein de l’administration, on s’attache à aller toujours plus loin. En associant notamment les élèves à des événements de dimension internationale. Impossible, en ce sens, de ne pas lorgner du côté de Cannes lors du festival du film. Surtout que les analogies ne manquent pas.

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« Je suis tombé sur une vidéo de Thierry Frémaux, le délégué général, où il expliquait que la naissance du festival s’inscrivait dans une réflexion : comment la culture peut contribuer à la reconstruction du monde. Cela rejoint la vision que l’on a avec “Menton, campus de la paix”. Pour nous aussi, la culture et le cinéma permettent d’œuvrer à la compréhension de l’altérité, à la paix entre les peuples, au dialogue », souligne le directeur, Youssef Halaoua, tout heureux de l’incroyable expérience cannoise que quelques élèves et lui viennent de vivre.

Initialement, le responsable avait demandé à la Région qu’une grappe de science-pistes puisse participer à la diffusion du film consacré à Gisèle Halimi. Parce que l’avocate vient de donner son nom à l’un des amphithéâtres du campus. Parce que son visage peint par C215 orne désormais l’un des murs de l’établissement. « Nous n’avons pas pu avoir de places, mais la Région nous a proposé d’assister à la projection de deux films en compétition. » Pour le choix, l’établissement n’a pas voix au chapitre. Mais voilà que par hasard, Histoires parallèles, d’Asghar Farhadi, figure parmi les deux.

Pour sélectionner les huit personnes qui obtiendront le précieux sésame, la direction demande aux étudiants d’écrire une lettre de motivation. Les textes des deux étudiantes iraniennes font aussitôt mouche.

Une immense affiche souvenir

« Cette année a été particulièrement difficile. À la suite du massacre de manifestants innocents en janvier et de la guerre qui se poursuit, me reconnecter à ma culture est devenu l’un des rares moyens de garder un lien avec mes racines. Le cinéma et la littérature m’aident à me sentir proche de mon pays même lorsque j’en suis loin », témoigne alors Lili. Citant le livre Les Lionnes persanes, de Marjan Kamali, et le film Un Simple accident, de Jafar Panahi, comme œuvres qui l’ont récemment marquée.

L’âpreté de l’actualité, sa compatriote aussi l’a vécue de plein fouet. « En janvier, quand il y a eu la répression horrible des manifestants, elle était coincée dans son pays. Quand elle est revenue, elle nous a raconté qu’elle avait trouvé refuge dans des caves, que des corps étaient jonchés au sol... », souffle Youssef Halaoua.

Après avoir obtenu confirmation qu’une délégation pourrait bien se rendre au Palais des festivals, le directeur songe au moyen de garder un souvenir de ce moment. L’idée jaillit : pourquoi ne pas se procurer l’affiche ? La grande. Celle que l’on fixe devant les salles dédiées au 7e art. « Un ami d’enfance travaille dans une entreprise qui les livre, mais il n’avait pas celle-là dans son portefeuille. Il m’a conseillé de contacter la société de production Memento pour leur demander. » Le festival débutant le lendemain, la mission s’annonce pratiquement vaine.

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Le lundi 11 mai au matin, Youssef Halaoua prend malgré tout son plus beau clavier pour contextualiser sa requête. « Le mercredi, en fin de matinée, on reçoit une lettre un peu épaisse au campus. Il s’avère que d’après le tampon de la Poste, quelqu’un de chez Memento l’a envoyée pendant la pause déjeuner, juste après réception de mon message. Ils ont été sensibles à notre bouteille à la mer ; c’est magnifique », réagit-il. Précisant qu’il restera à trouver comment protéger l’affiche XXL. Et sur quel mur du campus la mettre à l’honneur pour conserver une trace de cette histoire cannoise.

« Le scénario du film d’Asghar Farhadi, c’est justement un entrelacement de récits. Comment la fiction s’inspire de la réalité. Et comment parfois, elle est tellement forte qu’elle vient influencer le réel », souligne le directeur. Pour qui la belle épopée de ses étudiants pourrait bien, elle-même, être une histoire parallèle.