Cannes 2026 : « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » ouvre la Semaine de la critique
Cannes 2026 : « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » ouvre la Semaine

Neuf minutes d’ovation chez Deadline, six selon Variety. Peu importe la durée exacte de la claque. Pour la séance d’ouverture de la Semaine de la critique de cette 79e édition du Festival de Cannes, les organisateurs ont fait preuve de discernement en choisissant Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Derrière ce titre étrange se cache un film tout aussi étrange, queer, drôle, sanguinolent et bien plus profond qu’une observation hâtive ne le laisserait croire.

Une réalisatrice trans en pleine ascension

Aux commandes, on retrouve Jane Schoenbrun, réalisatrice trans de 39 ans, chérie de la sphère indépendante et du Festival de Sundance depuis ses deux premiers longs-métrages, We’re All Going to the World’s Fair et I Saw the TV Glow. La voilà donc à Cannes avec un film qui tourne autour de la fabrique d’un film. En l’occurrence, la reprise d’une franchise d’horreur en déclin, un slasher nommé Camp Miasma.

Un casting magnétique

Une jeune cinéaste prisée par la critique, plus cérébrale que fun, interprétée par la fascinante Hannah Einbinder, cherche à convaincre la star du premier épisode de cette saga de rempiler. Sauf que cette dernière, incarnée par l’incroyable Gillian Anderson, a décidé de vivre recluse dans le chalet pour ados supposément hanté où se déroulait l’histoire. Le tueur compulsif y arbore un masque en forme de bouche d’aération et une combinaison de protection pour ne pas tacher ses vêtements.

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Un film qui mêle critique et humour

Sous cet emballage prometteur et régressif, Jane Schoenbrun infuse plusieurs thématiques qui lui sont chères : la tendance des studios à vouloir « wokiser » de vieilles franchises avec hypocrisie pour relancer la machine à cash, la construction du rapport au désir à travers le cinéma, ou encore l’ancrage des stéréotypes. Mais pas de prise de tête : le personnage de Gillian Anderson apparaît en vamp hollywoodienne avant de déballer des seaux de poulet KFC comme un plat en argent pour accueillir son invitée. Schoenbrun réussit même à faire du trempage de pilon dans une sauce industrielle un moment d’érotisme inattendu. Au Festival de Cannes, les surprises ne manquent jamais.

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