Le Festival de Cannes 2026 a dévoilé une œuvre poignante et sensorielle : «Six Months in a Pink and Blue Building» du réalisateur mexicain Bruno Santamaria Razo. Ce documentaire, présenté dans la sélection officielle, plonge au cœur d’un immeuble emblématique de Mexico, aux façades rose et bleu, pour en capturer l’âme et les souvenirs.
Un immeuble comme personnage principal
Le film s’attache à un bâtiment singulier, situé dans le quartier de la Roma, à Mexico. Pendant six mois, la caméra de Santamaria Razo suit les résidents, leurs histoires, leurs luttes et leurs joies. L’immeuble devient un personnage à part entière, témoin des transformations sociales et urbaines de la capitale mexicaine. Le réalisateur explique : « Je voulais montrer comment un lieu peut porter la mémoire de ceux qui l’habitent, comment les murs peuvent être imprégnés de vies. »
Une exploration de la mémoire collective
À travers des entretiens intimes et des images d’archives, le documentaire tisse une toile complexe de récits. On y croise une danseuse vieillissante, un jeune activiste, une famille de commerçants, et bien d’autres. Chacun apporte sa pierre à l’édifice mémoriel. Santamaria Razo utilise une palette chromatique subtile, jouant des teintes rose et bleu pour évoquer les émotions contrastées des habitants.
Le film ne se contente pas de dresser un portrait : il interroge la notion de mémoire dans une ville en perpétuelle mutation. Mexico, avec ses contrastes violents et sa richesse culturelle, sert de toile de fond à cette fresque humaine. Le réalisateur confie : « La mémoire n’est pas figée ; elle est vivante, elle se construit et se reconstruit chaque jour. »
Un style visuel immersif
Bruno Santamaria Razo, déjà connu pour ses documentaires engagés, adopte ici une approche immersive. La caméra à l’épaule, les plans-séquences et les jeux de lumière naturelle plongent le spectateur dans l’intimité du lieu. La bande-son, mêlant bruits de la ville et musiques traditionnelles, renforce cette immersion. Le film a été salué par la critique cannoise pour sa sensibilité et son esthétique soignée.
Une résonance universelle
Au-delà du cas particulier de cet immeuble, «Six Months in a Pink and Blue Building» résonne universellement. Il rappelle l’importance de préserver les lieux de vie, les communautés et les histoires qui font la richesse de nos sociétés. Dans un monde où l’urbanisation efface souvent les traces du passé, le film est un plaidoyer pour une mémoire active et collective.
La projection à Cannes a été suivie d’une longue ovation, et les droits de distribution ont déjà été acquis pour plusieurs pays. Bruno Santamaria Razo, ému, a dédié son film aux habitants de l’immeuble, « gardiens de la mémoire ». Ce documentaire promet de marquer les esprits bien au-delà du festival.



