Le Festival de Cannes 2026 s'apprête à accueillir une figure atypique : Rafiki Fariala, slameur et poète originaire de la République démocratique du Congo, qui présentera son premier long métrage intitulé Rien que nous. Ce documentaire musical, en compétition dans la section Un certain regard, promet de bousculer les codes du genre par son énergie brute et sa poésie urbaine.
Un projet né de la rue
Rafiki Fariala, de son vrai nom Patrick Kabongo, a grandi dans les rues de Kinshasa. Très tôt, il se fait connaître par ses slams percutants qui dénoncent les injustices sociales et politiques. Son art, mêlé à une passion pour le cinéma, l'a conduit à réaliser ce premier film. Rien que nous suit le parcours de trois jeunes slameurs kinois qui tentent de se faire une place dans une ville marquée par la précarité et la violence. À travers leurs textes, ils expriment leurs espoirs, leurs colères et leurs rêves d'un avenir meilleur.
Une esthétique hybride
Le film se distingue par son esthétique hybride, mêlant images documentaires, animations graphiques et performances scéniques. Rafiki Fariala explique : « Je voulais capturer l'énergie du slam, cette façon qu'ont les mots de danser sur les lèvres. La caméra devait être aussi mobile que nos corps sur scène. » Le résultat est un film vibrant, rythmé par des textes puissants et une bande-son originale composée par l'artiste lui-même.
Un regard sur la jeunesse congolaise
Au-delà de la performance artistique, Rien que nous dresse un portrait sans concession de la jeunesse congolaise. Entre espoir et désillusion, les protagonistes naviguent dans un quotidien difficile, mais refusent de se laisser abattre. Le film aborde des thèmes universels comme l'amitié, la solidarité et la résilience. « Ce film est un cri d'amour pour ma génération, » confie le réalisateur. « Nous avons tant de choses à dire, et le slam est notre arme la plus puissante. »
Une première sélection prometteuse
La sélection de Rien que nous à Cannes est une reconnaissance importante pour le cinéma congolais et pour le slam en tant que forme d'expression artistique. Rafiki Faralia espère que son film ouvrira des portes à d'autres jeunes artistes africains. « Cannes, c'est une vitrine mondiale. J'espère que les spectateurs repartiront avec une partie de notre âme, de notre combat. » Le film sera projeté le 22 mai 2026 au Théâtre Croisette, suivi d'une rencontre avec l'équipe.
En attendant, le slameur prépare déjà une tournée en France pour présenter son film et offrir des performances live. Une manière de prolonger l'expérience cinématographique et de faire résonner les mots de Kinshasa jusqu'aux scènes européennes.



