Le Festival de Cannes 2026 : une vitrine mondiale pour le cinéma
Tapis rouge et nuits blanches. Bain de soleil sur la Croisette, bain d'émotions dans les salles obscures. Le Festival de Cannes, 79e édition, commence ce mardi soir. On en voit souvent l'écume « people », la patine mondaine, en oubliant trop qu'il reste avant tout une célébration du septième art. Pendant douze jours, près d'une centaine de films, venus de 50 pays, vont être dévoilés en avant-première. Des productions aux budgets XXL, mais aussi des projets fragiles, aux moyens parfois minuscules. Environ 40 000 professionnels sont accrédités, 4 000 journalistes attendus. Malgré une compétition très vive avec la Mostra de Venise, le rituel cannois reste le premier festival de septième art au monde.
Un printemps radieux pour le cinéma français
Il ouvre alors que ce printemps sourit au cinéma français. Depuis le 1er janvier, 63 millions d'entrées ont été enregistrées dans les salles de l'Hexagone. 19 % de plus qu'en 2025. Ce rebond doit beaucoup à quelques locomotives made in France, comme Marsupilami, Juste une illusion, Gourou… Nous avons le goût de la dépréciation collective, mais il y a un domaine dans lequel nous pourrions nous décerner, légitimement, une palme de la réussite : le cinéma. Production riche (plus de 200 films chaque année), maillage d'écrans unique en Europe (2 200 établissements partout sur le territoire)… Notre pays est celui qui, en Occident, résiste le mieux, et de loin, au rouleau compresseur hollywoodien. Depuis le début de l'année, « nous » faisons même mieux que les Américains. 46 % de part de marché pour les films français, 42 % pour les productions venues d'outre-Atlantique.
Le CNC, pilier d'un modèle vertueux
Notre industrie du cinéma est citée en modèle dans le monde entier. Elle est structurée autour d'un établissement public, le CNC, dont le budget provient en partie d'une taxe sur les billets d'entrée, qu'il redistribue en aides à la production. Ainsi les gros films, les succès, financent les petits : équation vertueuse. Pris pour cible par le RN qui voit en lui le symbole d'un cinéma « politiquement correct », « trop subventionné », le CNC joue pourtant les premiers rôles dans le tonus du septième art français.
Deux sorties marquantes à l'ouverture
Un exemple de cette vitalité ? Les sorties de ce mercredi. Arrivent en salle, simultanément à leur présentation à Cannes, deux longs-métrages formidables, La Vénus électrique, comédie galvanisante, et L'Abandon, bouleversant récit des derniers jours de Samuel Paty. Le cinéma français comme on l'aime, dont on peut être fiers, qui mérite d'être défendu.



