La Berlinale 2026 ouvre ses portes dans une ambiance festive teintée de discrètes prises de position politiques
La 76e édition du Festival international du film de Berlin, plus connu sous le nom de Berlinale, a officiellement débuté le 12 février 2026 pour se poursuivre jusqu'au 22 février, avec la remise des récompenses prévue le 21. La cérémonie d'ouverture, placée sous le signe de la célébration cinématographique, a été marquée par la présence de la directrice et programmatrice Tricia Tuttle, arborant une élégante tenue blanche pailletée, et du président du jury, le vénérable cinéaste allemand Wim Wenders, qui semblait en excellente forme.
Des messages politiques discrets sur le tapis rouge
Malgré l'atmosphère globalement festive, quelques rares slogans et messages à connotation politique ont pu être aperçus çà et là sur le célèbre tapis rouge. Parmi ceux-ci, on notait des inscriptions telles que « Free Iran », « Personne n’a le droit d’obéir », ou encore le puissant message « Femme, vie, liberté », celui-ci ayant été écrit sur le dos d'une tenue de soirée. Ces manifestations discrètes interviennent dans un contexte international particulier, marqué notamment par une terrible répression qui s'est abattue sur le peuple iranien en ce début d'année 2026.
L'annulation d'une rencontre symbolique d'artistes iraniens
Le festival a également dû faire face à une annulation significative. Une rencontre, initialement programmée pour le 19 février, entre les cinéastes iraniens de renom Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, a été officiellement annulée. Selon le programme officiel de la Berlinale, cette décision a été prise « par respect pour le deuil du peuple iranien ». Jafar Panahi, qui a remporté la Palme d'or au Festival de Cannes en 2025 avec son film Un simple accident, et Mohammad Rasoulof, lauréat de l'Ours d'or à Berlin en 2020 pour Le diable n’existe pas, sont deux figures majeures du cinéma iranien contemporain.
Une compétition internationale riche et diversifiée
Pour le reste, l'événement se concentre sur la compétition cinématographique. Wim Wenders aura la lourde tâche de remettre le prestigieux Ours d'or à l'un des vingt-deux films sélectionnés en compétition officielle. Rappelons qu'en 2025, cette récompense suprême avait été attribuée au réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud pour son œuvre intitulée Dreams (Sex Love).
La sélection de cette année promet d'être passionnante et reflète la diversité du cinéma mondial. Parmi les cinéastes en lice pour la statuette dorée, on retrouve des talents venus des quatre coins du globe :
- Le Franco-Sénégalais Alain Gomis, déjà primé par le passé.
- Les Allemands Angela Schanelec, Eva Trobisch et Ilker Çatak.
- La Tunisienne Leyla Bouzid, dont le travail est très attendu.
- Le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, une voix importante du cinéma africain.
- Le Singapourien Anthony Chen, connu pour ses récits intimistes.
Cette édition 2026 de la Berlinale s'annonce donc comme un subtil équilibre entre la célébration artistique, incarnée par une programmation éclectique et un jury prestigieux, et une conscience politique discrète mais bien présente, reflétant les tensions et les solidarités du monde contemporain à travers le prisme du septième art.



