La Berlinale 2026 face à une tempête politique après l'appel de plus de 80 célébrités du cinéma
Le prestigieux festival du cinéma de Berlin, la Berlinale, se retrouve au cœur d'une controverse majeure en cette édition 2026. Une lettre ouverte signée par plus de 80 acteurs et réalisateurs de renommée internationale, parmi lesquels figurent Javier Bardem et Tilda Swinton, appelle instamment l'organisation à rompre son « silence » concernant ce qu'ils qualifient de « génocide des Palestiniens ».
Un appel collectif transmis par Film workers for Palestine
Cette déclaration, transmise à l'Agence France-Presse par le collectif Film workers for Palestine, représente une pression sans précédent sur la direction du festival. Les signataires, se présentant comme « des participants passés et actuels de la Berlinale », exigent que l'institution « déclare clairement son opposition au génocide, aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre perpétrés par Israël contre les Palestiniens ».
Cette initiative intervient dans un contexte où la Berlinale est, une nouvelle fois cette année, marquée par des débats politiques intenses. Les personnalités du cinéma estiment que les institutions culturelles ne peuvent rester neutres face à de telles situations.
L'étincelle : les déclarations controversées de Wim Wenders
La polémique actuelle trouve son origine directe dans la conférence de presse du jury, tenue jeudi 12 février 2026, jour de l'ouverture du festival. Interrogé sur la position de la Berlinale concernant Israël et la bande de Gaza, le président du jury, le cinéaste allemand Wim Wenders, a provoqué un tollé en affirmant que le cinéma devait « rester en dehors de la politique », qu'il considère comme son « opposé ».
Cette tentative de dissociation a été immédiatement et vivement critiquée. Dès le lendemain, l'écrivaine indienne Arundhati Roy, « choquée et écœurée » par ces propos, a annulé sa participation au festival. Son retrait a constitué un premier signal fort du mécontentement au sein de la communauté artistique internationale.
Une position de principe défendue par les signataires
Dans leur lettre collective rendue publique mardi, les plus de 80 personnalités expriment leur « profond désaccord avec la déclaration » de Wim Wenders. Elles affirment avec force que « on ne peut pas dissocier l'un de l'autre », c'est-à-dire le cinéma de la réalité politique et humaine.
Les signataires attendent explicitement « des institutions de notre secteur qu'elles refusent toute complicité dans la terrible violence qui continue d'être infligée aux Palestiniens ». Cette prise de position collective marque un tournant dans l'implication politique des figures du septième art, traditionnellement plus discrètes sur la scène internationale.
La Berlinale 2026 se déroule donc sous une pression accrue, devant concilier sa mission artistique avec les demandes croissantes d'engagement éthique de la part de ses participants et du public. Cette affaire soulève des questions fondamentales sur le rôle des festivals culturels dans les grands débats géopolitiques contemporains.



