Les auteurs français exigent des quotas humains face à l'IA générative dans le cinéma
Auteurs français exigent des quotas humains contre l'IA au cinéma

L'intelligence artificielle générative s'immisce dans l'audiovisuel

L'intelligence artificielle générative (IAG) progresse de manière inexorable dans les secteurs de l'audiovisuel et du cinéma, suscitant une mobilisation sans précédent parmi les professionnels de la création. Les représentants de la Guilde française des scénaristes, des Scénaristes de cinéma associés, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, de l'Union des réalisatrices et réalisateurs et des Auteurs groupés de l'animation française ont uni leurs voix pour alerter les autorités.

Une lettre exigeante adressée au CNC

Dans une missive datée du 9 février et adressée à Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), ces organisations exhortent l'institution à prendre des mesures concrètes. Ils demandent que l'octroi des aides publiques soit conditionné à « un niveau minimal d'emploi d'auteurs humains dans tous les projets de création audiovisuelle et cinématographique ». Cette lettre, consultée par Le Monde, souligne l'urgence de la situation.

Les signataires mettent en garde contre les usages parfois sauvages de l'IAG, y compris de la part de certains producteurs, et estiment que « l'avenir même du travail créatif humain mérite une attention prioritaire ». Ils rappellent que le CNC a déjà démontré sa capacité à moduler ses soutiens en fonction d'objectifs d'intérêt général, comme la promotion de pratiques écoresponsables ou l'encouragement à la parité.

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L'exemple américain comme référence

Les auteurs français s'inspirent directement des avancées obtenues aux États-Unis. En 2023, suite à une grève historique de cent quarante-huit jours, les accords entre la guilde américaine des scénaristes et le syndicat des producteurs ont établi des garanties cruciales :

  • Le droit américain exige désormais un créateur humain pour qu'une œuvre soit protégée.
  • Un « nombre minimal de scénaristes » a été sacralisé, variant selon les formats de séries.
  • Une clause interdit explicitement l'« exploitation du matériel des scénaristes pour former l'IA ».

Ces mesures visent à préserver l'emploi des auteurs et autrices face aux risques considérables induits par l'automatisation croissante.

Des modifications réglementaires réclamées

Face à cette évolution technologique rapide, les organisations françaises appellent à des dispositifs similaires pour protéger la création humaine. Ils insistent sur la nécessité d'adapter rapidement le cadre réglementaire, arguant que le CNC possède l'expertise et l'autorité nécessaires pour imposer de telles conditions. Cette demande s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les métiers créatifs, où la France cherche à positionner son industrie culturelle en pionnière de l'éthique et de la préservation des talents humains.

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