Ariane Ascaride préside le jury du 47e Cinemed à Montpellier
Ariane Ascaride préside le 47e Cinemed

Ariane Ascaride, actrice emblématique du cinéma de Robert Guédiguian, préside le jury de la 47e édition du festival Cinemed à Montpellier. Un rôle qu'elle aborde avec humilité et passion, fidèle à son approche collective du cinéma.

Une présidente sans prétention

Pour Ariane Ascaride, présider ce jury est avant tout une affaire de cœur. « Je suis contente, parce que j’ai un vrai rapport avec ce festival », confie-t-elle. Elle rappelle que Cinemed a été l’un des premiers festivals à sélectionner Dernier été, le premier film de Robert Guédiguian, créant ainsi un lien fort et durable entre le festival et leur équipe.

Loin de se considérer comme une chef, elle insiste sur la dimension collective : « Pour moi, c’est la même chose que pour les autres membres du jury. Je suis plutôt dans la solidarité et l’ensemble. » Elle avait déjà présidé Un Certain Regard à Cannes, une expérience qu’elle décrit comme « très bien, et ça se faisait ensemble. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une spectatrice avant tout

Interrogée sur ses attentes vis-à-vis des films en compétition, elle répond : « Rien. J’attends de voir. Je me pose en tant que spectatrice et non pas en tant que professionnelle. » Elle se met dans la peau du public : « si je m’endors, si je ne m’endors pas, si ça m’émeut, si ça me fait réfléchir, si ça me heurte, comme un spectateur normal. »

La Méditerranée dans son ADN

Proche du cinéma de Robert Guédiguian, avec qui elle a tourné 18 films, Ariane Ascaride revendique son appartenance au bassin méditerranéen. « Ce n’est pas dans mon imaginaire. Je suis une fille du bassin méditerranéen. Je suis faite des légendes et des tragédies antiques de cette région. » Elle a tourné en Algérie, en Israël, en Espagne, en Italie, et chaque fois, les gens croient qu’elle est de là. Mais elle aime aussi la littérature nordique. L’héritage de son père lui a appris à faire fonctionner son imaginaire partout.

Des choix guidés par le scénario

Au-delà de sa collaboration avec Guédiguian, elle a travaillé avec de nombreux cinéastes. Ce qui l’attire dans un projet ? « Le scénario. Si j’aime le scénario, j’y vais. C’est l’histoire qui compte. Qu’est-ce qu’on va raconter aux gens ? Qu’est-ce qu’on va leur donner à penser, à réfléchir ? » Elle ajoute : « Je n’ai pas envie de raconter n’importe quelle histoire aux gens qui viennent payer leur place dans une salle de cinéma. »

Une carrière faite de choix

Interrogée sur un rôle fétiche, elle répond : « Non, je pense que j’ai toujours choisi des rôles que j’aimais. J’ai fait des choix. Je n’ai jamais fait carrière. J’avais juste envie de raconter des histoires aux gens. » Même après son prix à Venise, elle ne préfère pas ce personnage à d’autres. « C’est pour les autres que c’est fétiche », dit-elle avec modestie.

L'art pour raconter le monde

À propos de son film récent La Pie Voleuse, qui aborde des thèmes sociaux, elle estime que l’engagement n’est pas plus nécessaire aujourd’hui qu’avant. « Je pense que l’art est fait pour raconter le monde. Il ne faut pas le raconter n’importe comment. C’est la fonction même de l’art. » Pour elle, le cinéma peut encore changer les choses, même si c’est difficile. Elle cite la Chapelle Sixtine : « Les gens sont contents maintenant que ça existe. Il faut se battre pour ça. » Et de conclure : « Un pays sans culture, c’est un pays mort. S’il n’y a plus de musiciens, de peintres, de danseurs, de comédiens, de réalisateurs, il est mort. »

Un couple uni par le cinéma

Questionnée sur ses goûts cinématographiques par rapport à ceux de Robert Guédiguian, elle avoue : « Dans une grande partie, oui, on aime les mêmes choses. Mais par exemple, moi, j’adore les comédies musicales, lui, il exècre ça. » Cependant, elle souligne que leur complicité intellectuelle est essentielle : « On ne serait pas restés aussi longtemps ensemble si on ne se retrouvait pas sur pas mal de choses. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Un souvenir marquant à Montpellier

Parmi ses précédentes venues au Cinemed, elle se rappelle une anecdote amusante. Après la projection de Nag la bombe, où elle jouait une prostituée étrange, une dame lui a dit : « Alors ça, plus jamais vous jouez un personnage comme ça. Vous ne m’avez pas plu du tout. » Ariane Ascaride a trouvé cela formidable : « J’ai quand même le droit de jouer autre chose. » Elle a vu dans cette réaction un lien incroyable entre cette spectatrice et ses personnages.

Le festival Cinemed se tient jusqu’au samedi 25 octobre au Corum et autres lieux de Montpellier.