Alice et le Maire : Luchini incarne un élu désenchanté dans une comédie politique
Alice et le Maire : Luchini en maire désabusé

Alice et le Maire : une comédie politique sur le désenchantement du pouvoir

Dans Alice et le Maire, le réalisateur Nicolas Pariser offre une réflexion subtile et nuancée sur les mécanismes du pouvoir et la lassitude qui peut gagner ceux qui l'exercent. Le film, sorti en salles en 2019, dépeint avec une élégance certaine les tourments intérieurs d'un élu local en proie à une crise existentielle profonde.

Fabrice Luchini en maire lyonnais désabusé

Fabrice Luchini incarne avec brio Paul Théraneau, le maire socialiste de Lyon. Dès les premières images, le spectateur est frappé par le regard vide du personnage, un regard que l'on retrouve aussi bien à la tribune du conseil municipal qu'à l'ONU ou au conseil général de la Creuse. Cette vacuité apparente dissimule en réalité un mal plus profond : Paul Théraneau a perdu toute envie, à la fois du pouvoir et des jeux politiques nécessaires à sa conquête et à sa conservation.

Cette évaporation du désir politique constitue le cœur du second long-métrage de Nicolas Pariser. Le réalisateur en extrait une essence narrative qui donne naissance à une comédie dont la douceur n'a d'égale que l'amertume, une élégie raffinée pour la démocratie représentative et ses acteurs.

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Anaïs Demoustier en universitaire malgré elle

Face à ce maire en pleine dérive, Anaïs Demoustier campe Alice Heimann, une universitaire de formation littéraire que Paul Théraneau prend pour une philosophe. Conscient de son état, l'édile fait appel à elle dans l'espoir qu'elle l'aide à retrouver le flux d'idées qui fit de lui un innovateur politique et le premier magistrat de Lyon.

Pourtant, Alice n'est pas venue à Lyon pour cette mission. Le poste qui lui était initialement destiné a été supprimé la veille de sa prise de fonction, et on lui a bricolé un autre emploi. Cette situation absurde donne le ton à la dimension satirique que Pariser entend donner à son film.

Une satire empreinte d'empathie

Avant même que le spectateur ne découvre Paul Théraneau dans sa splendeur automnale, un dialogue entre Alice et Mélinda, interprétée par Nora Hamzawi, établit clairement le registre du film. « Ton boulot, c'est de prendre du recul », lance Mélinda à Alice, résumant ainsi la posture distanciée que le film adopte face à ses personnages.

Cette satire est d'autant plus cruelle qu'elle est empreinte d'une réelle empathie pour ses protagonistes. Pariser ne se contente pas de moquer les travers du monde politique ; il explore avec finesse la psychologie complexe d'un homme qui a perdu le sens de son engagement.

Le film déploie ainsi une réflexion profonde sur la nature du pouvoir démocratique, les compromis qu'il exige et le prix personnel que paient ceux qui l'exercent. À travers le parcours croisé d'un maire désenchanté et d'une universitaire déstabilisée, Alice et le Maire interroge notre rapport collectif à la politique et à ceux qui la font.

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