Une vocation religieuse qui divise une famille laïque
Le nouveau film d'Alauda Ruíz de Azúa, 'Les Dimanches', plonge au cœur d'un conflit familial provoqué par une décision radicale. Ainara, 17 ans, interprétée par Blanca Soroa, élève dans un lycée religieux, annonce à sa famille son intention de rejoindre un couvent pour devenir nonne, renonçant ainsi aux études universitaires.
L'incompréhension d'une famille bourgeoise de Bilbao
Cette révélation crée un choc au sein de sa famille, une famille laïque de la bourgeoisie de Bilbao, que l'on devine plutôt de gauche. Le père, qui élève seul ses enfants depuis le décès de son épouse, est partagé entre le respect du choix de sa fille et la crainte qu'elle ne soit sous influence. Il s'interroge : s'agit-il d'une vocation authentique ou d'une recherche de consolation après la perte de la mère ?
La tante Maite, incarnée par Patricia López Arnaiz, manager féministe dans le milieu culturel, tente activement de dissuader Ainara. Convaincue que cette vocation relève d'une crise d'adolescence, elle craint que la jeune fille ne gâche son avenir. Pourtant, Ainara persiste, suivant un chemin d'émancipation inhabituel qui défie les attentes sociales.
Un suspense psychologique captivant
Le film maintient une tension narrative remarquable, construite autour d'un véritable suspense : Ainara ira-t-elle au bout de sa vocation, au risque de rompre avec les siens, ou finira-t-elle par renoncer ? À travers ce dilemme, Alauda Ruíz de Azúa propose une réflexion nuancée et intelligente sur des thèmes universels : la religion, la famille, la laïcité et les tourments de l'adolescence.
Aucun personnage n'est caricaturé, ni Ainara, ni son père, ni sa tante, ni même la sœur représentant l'autorité ecclésiale. Le spectateur est invité à réfléchir avec eux, à comprendre leurs motivations et leurs doutes. Ce traitement subtil rappelle le film 'Enzo' de Laurent Cantet et Robin Campillo, qui dépeignait un adolescent de milieu aisé choisissant de devenir maçon.
La cinéaste basque Alauda Ruíz de Azúa confirme son talent
Âgée de 48 ans, Alauda Ruíz de Azúa s'impose comme une figure montante du cinéma européen. Après le succès critique et public de sa mini-série 'Querer' l'an dernier, elle revient sur grand écran avec ce troisième long métrage impressionnant. Son nom, Alauda Ruíz de Azúa, mérite d'être retenu, tant son approche cinématographique se distingue par sa profondeur et sa finesse.
'Les Dimanches' explore avec sensibilité la quête d'identité des adolescents contemporains, qui semblent parfois vouloir explorer des chemins différents des modèles traditionnels de réussite. Le film, d'une durée de 1 heure 58 minutes, sort en salles le 11 février, offrant une expérience cinématographique à la fois émouvante et intellectuellement stimulante.



