Des groupes de parole pour dessiner l'angoisse
L'initiative Terreur Graphique propose des ateliers de bande dessinée où les participants sont invités à mettre en images leurs peurs les plus profondes. Créée par l'auteur de BD Michel Chevalin, cette démarche originale mêle art-thérapie et humour noir pour exorciser les angoisses du quotidien.
Le concept : dessiner pour libérer la parole
Lors de ces séances, chaque participant doit raconter une histoire en quelques cases, en partant d'une peur personnelle. Les thèmes abordés vont de la phobie des araignées à l'angoisse de la mort, en passant par les tracas professionnels ou familiaux. L'objectif n'est pas de produire une œuvre d'art, mais de libérer la parole par le dessin, souvent avec une dose d'autodérision.
Michel Chevalin, connu pour son personnage du Canasson Français, explique : "Le dessin permet de mettre à distance ce qui nous terrifie. En le représentant, on le rend moins menaçant, voire ridicule." Les ateliers se déroulent dans une ambiance bienveillante, où le rire et l'émotion se côtoient.
Un succès inattendu
Lancé il y a quelques mois, le concept a rapidement trouvé son public. Des participants de tous âges et horizons viennent partager leurs craintes, souvent avec un résultat surprenant. "Certaines planches sont d'une grande puissance émotionnelle, d'autres très drôles", témoigne une animatrice. Les ateliers affichent complets plusieurs semaines à l'avance.
Une thérapie par le crayon
Au-delà de l'aspect créatif, ces groupes de parole offrent un espace d'écoute et de partage. Les dessins sont ensuite discutés collectivement, permettant de dédramatiser des sujets parfois tabous. Pour beaucoup, c'est l'occasion de réaliser que leurs peurs ne sont pas uniques.
L'initiative s'inscrit dans une tendance plus large de l'art-thérapie, qui utilise la création artistique comme outil de bien-être mental. Terreur Graphique pourrait bien inspirer d'autres projets alliant BD et santé mentale.



