« L’école est finie » : la satire d’Evemarie pour dénoncer l’échec scolaire
« L’école est finie » : la satire d’Evemarie sur l’échec scolaire

Dans son roman graphique autobiographique « L’école est finie », l’autrice Evemarie revient sur ses années de collège marquées par l’ennui, l’incompréhension et l’exclusion. À travers une satire mordante, elle dénonce les failles d’un système inégalitaire qui laisse de côté les élèves différents.

Un parcours semé d’embûches

En franchissant les portes du collège au début des années 1990, Evemarie, qui rêvait déjà de devenir autrice de BD, s’est heurtée à une réalité froide. Dans « L’école est finie », elle relate ses longues années au collège, agrémentées d’un redoublement. Avec un humour ironique et sombre, elle pose un regard critique sur une institution scolaire qui peut exclure avec violence. Elle décrit ses espoirs déçus en cours de dessin, un langage mathématique à jamais étranger, une professeure d’allemand peu encline aux citations de « La Grande Vadrouille », et des camarades rarement bienveillants.

Assumant ne pas être faite pour les devoirs ou les mathématiques, elle a très jeune préféré l’option « sécher les cours pour un café clope ». L’Éducation nationale n’a jamais été en mesure de la reconquérir, la laissant simplement au rang de ceux qu’elle laisse de côté.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le privé et l’évasion vers la Belgique

Ses parents, voulant bien faire, l’ont placée dans le privé. Mais cela n’a en rien amélioré son appétence pour le travail scolaire. Pire, elle y a été confrontée à d’autres formes de violences, physiques et morales, avec l’atroce impression que celles-ci étaient normales. Son salut est venu d’un départ vers la Belgique et l’école Saint-Luc, un lieu d’épanouissement et de tolérance où elle s’est accomplie dans son projet de vie.

Avec le recul des « cancres » qui ont tout de même plutôt bien « réussi » ensuite, l’autrice évite de verser dans le pamphlet ou le règlement de compte. Sur la base de sa propre expérience, elle relate l’ennui, le harcèlement (violent ou insidieux, y compris de la part de certains professeurs), l’incompréhension et l’inévitable décrochage. Un résumé parfait du mal-être à l’école.

Un phénomène de société

C’est en racontant ces expériences à travers des strips sur Instagram qu’Evemarie a réalisé, vu les vagues de réactions suscitées, que ce mal-être scolaire constituait un phénomène de société et ne saurait être une fatalité. D’où ce roman graphique autobiographique, dans lequel chacun se reconnaîtra plus ou moins, écrit à l’encre amère mais porteur d’espoir.

Au-delà du simple souvenir personnel, l’ouvrage explore des thématiques lourdes : harcèlement, violences physiques et morales (notamment dans le privé), et l’indifférence du système face au mal-être des élèves.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale