Sammy Baloji, l'artiste retour au pays natal
Sammy Baloji, l'artiste retour au pays natal

Après deux décennies d'exil, l'artiste plasticien congolais Sammy Baloji est de retour dans sa ville natale de Lubumbashi pour une exposition majeure. Intitulée « Mémoires du sous-sol », elle se tient jusqu'au 30 septembre dans l'ancienne gare ferroviaire de la ville, un lieu chargé d'histoire. L'exposition rassemble une cinquantaine d'œuvres, dont des photographies, des installations et des vidéos, qui toutes explorent les cicatrices laissées par le colonialisme et l'exploitation minière dans la région du Katanga.

Un retour symbolique

Sammy Baloji, 48 ans, a quitté le Congo en 2003 pour fuir les violences. Installé à Bruxelles puis à Paris, il a construit une carrière internationale, exposant au Centre Pompidou, à la Documenta 13 et à la Biennale de Venise. « Revenir à Lubumbashi, c'est renouer avec mes racines, avec les paysages et les visages qui ont nourri mon travail pendant toutes ces années », confie-t-il. L'exposition est organisée en partenariat avec l'Université de Lubumbashi et le Goethe-Institut.

Une œuvre engagée

L'œuvre de Baloji se caractérise par une critique acerbe du néocolonialisme et de la mondialisation. Ses photomontages mêlent souvent des images d'archives de l'époque coloniale belge à des clichés contemporains des mines de cuivre et de cobalt. « Je veux montrer comment l'histoire continue de hanter le présent, comment les structures de pouvoir restent les mêmes », explique-t-il. Une série inédite, « Katanga 2020 », documente les conditions de travail des mineurs artisanaux, souvent des enfants, dans les mines à ciel ouvert.

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Un dialogue avec la ville

L'exposition ne se limite pas aux murs de la gare. Des œuvres sont disséminées dans plusieurs lieux emblématiques de Lubumbashi, comme le marché central et l'ancien siège de l'Union minière du Haut-Katanga. « Il est essentiel que l'art sorte des institutions et aille à la rencontre des habitants », insiste Baloji. Des ateliers et des projections en plein air sont également prévus, avec la participation d'artistes locaux. Selon les organisateurs, plus de 10 000 visiteurs sont attendus.

Un impact durable

Ce retour marque un tournant dans la carrière de l'artiste, qui envisage désormais de partager son temps entre l'Europe et le Congo. « Mon pays a besoin de ses artistes pour panser les plaies du passé et construire un avenir meilleur », affirme-t-il. L'exposition bénéficie du soutien de l'ambassade de France et de l'Union européenne. Un catalogue bilingue français-swahili a été édité, avec des textes d'historiens et de critiques d'art.

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