Gunther von Hagens, anatomiste et inventeur de la plastination, est mort à 81 ans
Gunther von Hagens, inventeur de la plastination, meurt à 81 ans

Gunther von Hagens, l'anatomiste allemand qui a révolutionné la préservation des corps humains grâce à la plastination et les a exposés dans le monde entier avec son exposition controversée « Body Worlds », est mort le 27 juillet 2026 à l'âge de 81 ans. Il est décédé à Heidelberg, en Allemagne, des suites d'une longue maladie, selon un communiqué de son institut.

Un parcours scientifique hors norme

Né le 10 janvier 1945 à Alt-Skalden (aujourd'hui en Pologne), Gunther von Hagens a inventé la plastination en 1977 alors qu'il travaillait à l'Université de Heidelberg. Ce procédé permet de remplacer l'eau et les lipides des tissus par des polymères, créant des spécimens secs, inodores et durables. En 1993, il a fondé l'Institut de plastination à Heidelberg, où il a formé des techniciens du monde entier. Selon l'institut, plus de 20 000 spécimens humains ont été plastinés depuis l'invention.

« Body Worlds » : un succès planétaire

La première exposition « Body Worlds » a ouvert à Tokyo en 1995, puis a voyagé dans plus de 90 pays, attirant plus de 50 millions de visiteurs. Von Hagens présentait des corps entiers et des organes plastinés dans des poses dynamiques, suscitant à la fois fascination et critiques. Interrogé par Le Monde en 2010, il déclarait : « Mon but est de démocratiser l'anatomie, de permettre à chacun de comprendre la beauté et la complexité du corps humain. » L'exposition a généré des débats éthiques sur l'utilisation des cadavres à des fins commerciales et artistiques.

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Controverses et questions éthiques

Von Hagens a souvent été accusé de transformer la mort en spectacle. En 2002, il a réalisé la première dissection publique en Allemagne depuis le XIXe siècle, diffusée à la télévision. Les autorités médicales allemandes ont critiqué ses méthodes, et certaines expositions ont été interdites dans des villes comme Moscou et New York. Cependant, il a toujours défendu son travail comme éducatif. « Chaque spécimen provient de donneurs volontaires qui ont signé un consentement éclairé », précisait-il dans une interview en 2015. L'institut affirme que plus de 15 000 personnes se sont inscrites comme donneurs pour la plastination.

Un héritage durable

Au-delà des controverses, la plastination est devenue un outil pédagogique standard dans les facultés de médecine. Von Hagens a également plastiné des animaux, dont un cheval et un éléphant, exposés dans des musées scientifiques. Il laisse derrière lui un institut qui continue ses travaux, ainsi que sa femme, l'anatomiste et artiste Angelina Whalley, qui a collaboré à de nombreuses expositions. Sa mort marque la fin d'une ère pour l'anatomie publique, mais son impact sur la science et la culture populaire reste indéniable.

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