La cité médiévale de Grimaud se métamorphose en un vaste atelier à ciel ouvert à l'occasion de la sixième édition du festival Grimaud art urbain. Depuis le 18 mai et jusqu'au 22 mai, les habitants ont pu observer les quatorze artistes sélectionnés travailler en direct. Le comité de sélection a choisi ces talents parmi près de cent candidatures. La règle est simple : chaque année, tous les exposants sont renouvelés.
Une diversité de styles et de techniques
Françoise Rosenpick, directrice artistique du festival, explique : « Nous essayons de proposer des styles et des techniques variés. Il n'y a pas de thème imposé, les artistes sont libres de composer ce qu'ils veulent. » Les visiteurs sont invités à suivre un véritable jeu de piste pour découvrir les œuvres disséminées dans les ruelles, à l'intérieur du Kilal (avec une nouvelle pièce accessible au public) et même jusqu'au Château rose, partenaire de l'événement. Le parcours reste visible jusqu'à fin septembre, avant que l'art éphémère ne soit effacé par les éléments.
Le vernissage et la visite guidée
Un vernissage est prévu ce samedi 23 mai à 17 h 30, avec une visite guidée par les artistes eux-mêmes.
Les coulisses de la création
Le travail des colleurs est largement invisible mais indispensable : prendre les mesures, sélectionner, dessiner, découper, composer. Une fois devant la façade ou le plafond qui servira de support, la marge d'adaptation est mince. Chris Téll confie : « On ne peut pas changer la taille ou les couleurs comme un peintre. Je découpe généralement plus que nécessaire, pour choisir sur place et m'intégrer dans le cadre. » Le dernier défi consiste à coller sur des matières et des volumes très différents, parfois indomptables.
Deux méthodes opposées
Le travail simultané de Le D et de Steeven Salvat illustre la richesse du festival. Pour Le D, l'inspiration vient du trait et de l'instant : il se place devant sa porte de garage et se lance sans réfléchir ni se reprendre. Pour Steeven Salvat, la nature commune et environnante est sa matière créative, mais sa fresque naît d'un croquis minutieux et de délicats coups de pinceau pour atteindre le réalisme visé.
Un invité de marque : Speedy Graphito
Prendre de la hauteur pour peindre une planche de près de 20 m² ? Aucun problème pour Speedy Graphito, auteur en 2015 de la plus grande fresque murale d'Europe à Évry. Avec 40 ans de carrière, il est considéré comme l'un des pionniers du street-art en France. Attiré par la convivialité et les échanges directs entre artistes, il a déposé un dossier au comité de sélection, preuve du succès de ce festival devenu un événement de référence dans le catalogue de l'art urbain français.



