Dubout, génie du dessin qui fuyait la foule, exposé à Saint-Aunès
Dubout, génie du dessin qui fuyait la foule, à Saint-Aunès

Le samedi 19 septembre, la médiathèque André Willaime de Saint-Aunès a accueilli une cinquantaine de visiteurs pour le vernissage de l'exposition « A la découverte d'Albert Dubout » et une conférence animée par Didier Dubout, petit-fils de l'artiste. Ce dernier a exprimé son émotion : « J'avais 23 ans la dernière fois que je suis venu à Saint-Aunès… pour l'enterrement du grand-père ».

Un artiste prolifique et discret

Le public a pu visionner des films personnels d'Albert Dubout, où il se mettait en scène « en faisant des saynètes humoristiques de cinéma muet, des mises en scène pour des poupées mannequins, pour lui-même ». Pendant près de deux heures, l'ampleur du travail de l'artiste a été présentée, entrecoupée d'évocations de sa vie intime, le tout porté par un humour singulier et un hymne à la vie.

Albert Dubout, surnommé « le roi », était considéré comme le plus grand dessinateur de son temps. Il a produit 9 000 dessins pour 250 journaux, touchant 5 milliards de lecteurs, dont 40 % en couverture de journaux. Malgré ce succès, il refusait toutes les mondanités et les honneurs, à l'exception d'une reconnaissance étatique. Il n'a jamais organisé d'exposition de son vivant, n'a jamais participé à une émission de télévision et dessinait uniquement dans son atelier, où personne n'avait le droit d'entrer « sauf les chats ». Le dessinateur de la foule avait peur de la foule.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une œuvre aux multiples facettes

Moins connue, l'autre moitié de son œuvre comprend 70 illustrations de livres classiques, 140 albums (corrida, Tour de France…), dont 90 % sont édités dans le monde entier, ainsi que 88 affiches, dont 25 pour les films de Marcel Pagnol. Il a également réalisé de la peinture (15 à 20 toiles), deux films en 1951 et 1954, et deux dessins animés sortis en 1947. Ces derniers lui ont valu une proposition de Walt Disney de diriger ses studios, que Dubout a refusée.

Didier Dubout a révélé que l'une des questions les plus fréquentes est : « Votre grand-mère était-elle grosse ? ». En réalité, elle ne l'était pas. Cette question met en lumière la subtilité de Dubout qui, en inversant le rapport de force entre l'homme et la femme, aborde la question des violences conjugales derrière une première lecture humoristique, tout en jouant avec les limites de la publication. Un autre secret de lecture : il n'y a jamais d'enfants dans ses dessins, sauf des poupons de chiffons, et s'il y en a un, ce n'est jamais gratuit (dénonciation de la pédophilie ou enfant otage des violences conjugales).

Une révélation sur Dupond et Dupont

En conclusion, le petit-fils de l'artiste a livré un scoop : la paternité des personnages de Dupond et Dupont reviendrait à Dubout et non à Hergé. Ce dernier aurait absolument voulu acheter ce dessin pour le détruire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale