Anatomie d'une chute : la fresque de la justice à Saintes
Anatomie d'une chute : la fresque de la justice

Le saviez-vous ? Le volet judiciaire du film Anatomie d'une chute a été tourné en Charente-Maritime du 19 avril au 4 mai 2022. La salle de la cour d'assises du tribunal judiciaire de Saintes a conservé le décor imaginé par la cheffe décoratrice Emmanuelle Duplay et la graphiste Léa Carbogno. Au centre de cette transformation, une immense fresque allégorique de la Justice veille sur les débats.

Une allégorie imposante

L'Allégorie de la Justice trône au milieu d'une toile de 4,80 mètres sur 4,50 mètres, dominant la tribune où siègent juges et jury. Casquée à plumes, épée dans une main et bouclier dans l'autre, elle chevauche un nuage blanc. Cette fresque, créée spécialement pour le film, est devenue un élément permanent de la salle d'audience.

Un décor pensé pour l'image

Avant le tournage, le mur était nu. « Le blanc, à l'image, ce n'est jamais très intéressant », explique Emmanuelle Duplay. « J'aime beaucoup ce côté un peu symbolique. Un tribunal, c'est un peu comme un théâtre, il y a quelque chose d'impressionnant. » Pour rendre la salle plus chaleureuse, les coussins vermillon ont été remplacés par du skaï vert bouteille, et les panneaux de bois ont été recouverts de la même teinte. « Je voulais casser le côté orangé du bois, avoir des fonds moins uniformes. Le skaï, avec son côté cuir, ramenait aussi l'aspect tribunal, un espace un peu sanctuarisé », précise-t-elle.

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La fresque : un travail artisanal

La conception de la fresque a nécessité une semaine de travail. « J'ai présenté plusieurs propositions : un style Aubusson XVIIIe siècle avec des plantes, un style abstrait... Justine Triet nous a donné des références avec cette figure centrale de la Justice », raconte Léa Carbogno. La graphiste, âgée de 30 ans, a puisé dans des centaines d'œuvres du XIXe siècle pour créer ce tableau de 25 m². « Le personnage central provient d'un tableau que j'ai redessiné. Le reste est un mélange qui donne quelque chose d'original », ajoute-t-elle. Un détail amusant : en bas à droite, un personnage gardant un mouton évoque Sangoku de Dragon Ball Z, une illusion d'optique qui interpelle lors des longues heures de procès.

Un décor qui a séduit jusqu'au président du tribunal

Le président du tribunal judiciaire de Saintes, Jérôme Hars, a tellement apprécié le décor qu'il a demandé à le conserver. Lors d'une avant-première, il a déclaré : « Le film montre bien que la vérité, ça n'existe pas dans la salle d'audience. Ce que l'on essaie de forger, c'est la vérité judiciaire. » La fresque, désormais accrochée au mur, continue d'observer, imperturbable, les vicissitudes des existences qui se jouent sous ses yeux.

Le chalet, autre personnage clé du film, a également été adapté : « On a eu du mal à trouver un chalet qui correspondait. Il a fallu rajouter la fenêtre du haut, reconstruire le premier étage », détaille Emmanuelle Duplay. Ce souci du détail a contribué à faire d'Anatomie d'une chute un film poignant, récompensé par la Palme d'or à Cannes en 2023.

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