Le projet de déplacement et d'agrandissement du Musée international des arts modestes (Miam) de Sète, qui devait le faire passer de son site actuel quai Maréchal de Lattre de Tassigny à un espace plus vaste à l'entrée est de la ville, n'est plus d'actualité. L'annonce a été faite par l'adjointe à la culture, Jeanne Corporon, lors de la présentation du futur chai créatif BAZR. Le Grand Miam ne figure plus au programme pluriannuel d'investissements de la municipalité pour le mandat en cours.
Un projet trop coûteux dans un contexte de rigueur budgétaire
Selon nos informations, le coût du Grand Miam était estimé à plusieurs millions d'euros, un montant à huit chiffres, sans compter le budget de fonctionnement nécessaire. Un montant jugé incompatible avec les contraintes financières actuelles. La baisse des subventions de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et de la Région a été déterminante dans l'abandon du projet.
Hervé Di Rosa, cofondateur du Miam, a confirmé : « Le gros problème, c'est la baisse des subventions. Il n'y a plus les budgets pour la culture, c'est terrible. Comment construire un musée qui coûterait 14 millions d'euros ? Comment le faire fonctionner ? Sans mécènes, on n'aurait pas eu les budgets. Il y a dix ou quinze ans, c'était possible, mais aujourd'hui ce n'est plus la peine. »
Une alternative : des expositions temporaires au Chai des Moulins
Face à cette situation, une solution alternative a été trouvée. Le Miam organisera désormais une grande exposition tous les deux ans dans le nouveau tiers-lieu culturel du Chai des Moulins, sous une forme payante. Cette exposition « hors les murs » viendra en complément du musée actuel, qui conserve sa localisation en cœur de ville. Par ailleurs, un livre retraçant l'ensemble des collections du musée depuis vingt-cinq ans sera publié en juin.
Le musée, créé en 2000, a acquis entre 5 000 et 7 000 pièces, mais l'étroitesse des locaux actuels ne permet pas de les exposer toutes. Depuis quelques années, une partie des collections voyage dans d'autres villes comme Montpellier, Anglet, Lisbonne, Avignon, Marseille, et prochainement Cherbourg à partir du 5 juin.
Des espoirs déçus malgré des soutiens de poids
Le projet de Grand Miam avait connu des hauts et des bas. En novembre 2023, la visite de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, avait redonné de l'élan à l'idée, dans le cadre de la candidature de Sète-Montpellier au titre de Capitale européenne de la culture. Mais cette candidature a finalement échoué. L'intronisation d'Hervé Di Rosa à l'Académie des Beaux-Arts en juin 2024 n'a pas suffi à relancer le projet.
Interrogée, la Ville de Sète confirme que le Grand Miam n'est plus inscrit dans le programme pluriannuel d'investissements. L'option retenue est donc celle d'expositions temporaires au Chai des Moulins, permettant au Miam de continuer à rayonner sans les contraintes financières d'un agrandissement permanent.



