Depuis avril, scolaires et habitants de Laleu et La Pallice participent à un projet collectif autour de la mémoire ouvrière et des savoir-faire des femmes. Leurs œuvres seront à voir lors de Fêtes le Pont, du 26 au 31 mai 2026.
Un atelier de tissage participatif
Ce mercredi après-midi, à l’heure du marché de Laleu, sous les arbres, une dizaine d’enfants et d’adultes tissent des brins de laine sur un cadre. L’atelier est animé par Birgit Mollemeier, plasticienne bien connue du quartier, qui travaille au sein du collectif Terra Amata. Sous l’autre Tivoli, d’autres participants collent des pastilles colorées sur un visage découpé dans un carton. C’est Alice Gilloire, illustratrice et médiatrice culturelle, qui dispense les conseils mais laisse à chacun la liberté de créer.
Un projet ancré dans la mémoire ouvrière
C’est en décidant de décentraliser la prochaine édition de Fêtes le Pont (du 26 au 31 mai), dans les quartiers du nord de la ville, que l’équipe du Centre national des arts de la rue Sur le Pont a eu l’idée de plancher sur la mémoire ouvrière. Depuis avril, en partenariat avec la Fraternité et le centre social Vent des îles, scolaires et habitants participent à un grand projet culturel et collectif, joliment baptisé « La Trame ». Pour animer cette grande collaboration, le Cnarep a fait appel à quatre artistes très impliquées dans la vie de quartier (Alice Gilloire, Birgit Mollemeier, Floriane Durey et Lucille Barré). De nombreux temps de pratiques ont été organisés aux quatre coins du territoire. Au total, plus de 400 personnes sont déjà passées sur l’un des ateliers organisés notamment sur les marchés du mercredi après-midi et du dimanche matin.
Cartographie des installations
« La Trame place la mémoire au cœur de sa démarche. Il s’agit de recueillir, de valoriser et de mettre en partage les récits qui façonnent l’identité des habitants de Laleu et de La Pallice, en donnant toute leur place aux femmes du quotidien : celles que l’on voit peu, que l’on entend rarement, dont les gestes, les engagements, les solidarités et les transmissions tissent pourtant la mémoire vivante et l’histoire profonde du territoire », explique-t-on au Cnarep, très engagé depuis quelques années sur la question de l’égalité femmes/hommes dans la création comme dans l’espace public. « J’avais envie de rendre visible les gestes des femmes qui sont souvent à la maison et, à travers une technique ancienne qu’est le tissage, de prendre le contre-pied de l’accélération. Quand on tisse, on n’a pas d’autre choix que de prendre le temps », s’amuse Birgit Mollemeier, ce mercredi, en guidant les participants.
Difficile pour le moment d’imaginer ce que toutes ces réalisations donneront une fois assemblées et installées dans l’espace public. On sait seulement que les artistes ont dessiné une cartographie des installations, éparpillées en 11 points, dans des lieux aussi variés que l’école primaire Claude Nicolas, le château d’eau ou encore la cheminée de l’ancienne filature (sur le parking d’Intermarché). Celle-ci servira également de support à une projection d’archives du quartier lors de Fêtes le Pont. Rendez-vous du 26 au 31 mai 2026 pour déambuler, assister aux spectacles des compagnies et certainement découvrir quelques recoins oubliés ou méconnus de la ville. En accès libre et gratuit.



