De l'atelier à la maison : la joaillerie redynamise le luxe en France
De l'atelier à la maison : la joaillerie redynamise le luxe

La joaillerie française connaît un renouveau inattendu. Alors que le secteur du luxe traverse une période difficile, la joaillerie affiche une croissance de 12 % en 2025, selon le Comité Colbert. Ce dynamisme se traduit par la création de 3 500 emplois cette année, dont 1 200 dans l'artisanat d'art.

Un secteur qui recrute massivement

Les grandes maisons de luxe, comme Cartier, Van Cleef & Arpels ou Boucheron, investissent dans des ateliers de fabrication en France. Cartier a ouvert un nouvel atelier à Paris en mars 2026, employant 200 artisans. « Nous formons nos propres lapidaires et sertisseurs car les compétences se font rares », explique un porte-parole de Cartier. Van Cleef & Arpels prévoit d'embaucher 300 personnes d'ici 2028 dans son site de Lyon.

Les petites structures ne sont pas en reste. À Paris, l'atelier L'Éclat, fondé en 2020, emploie 15 personnes et forme des apprentis via l'École de la Bijouterie-Joaillerie. « Nous avons triplé notre chiffre d'affaires en trois ans, grâce à la demande de pièces uniques », déclare sa fondatrice, Marie Dupont.

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Un contraste avec le luxe traditionnel

Ce boom de la joaillerie contraste avec les difficultés d'autres segments du luxe. L'horlogerie suisse a vu ses exportations baisser de 8 % en 2025, et la maroquinerie française stagne. « La joaillerie bénéficie d'un effet de rareté et de transmission », analyse Philippe Blanc, expert du luxe chez Bain & Company. « Les consommateurs recherchent des objets durables, porteurs d'histoire. »

Les ventes de bijoux haut de gamme ont progressé de 15 % en 2025, portées par la clientèle américaine et moyen-orientale. Les pièces uniques ou en édition limitée représentent 40 % des ventes, contre 25 % en 2020.

Des défis à relever

Malgré cette embellie, le secteur doit faire face à des défis. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée est criante : 1 500 postes de sertisseurs, lapidaires et joailliers sont à pourvoir. Les écoles spécialisées, comme l'École Boulle ou l'Institut National de Gemmologie, peinent à recruter. « Nous avons augmenté nos promotions de 30 % mais cela ne suffit pas », indique le directeur de l'École de la Bijouterie-Joaillerie.

Par ailleurs, l'approvisionnement en matières premières est sous tension. Les prix de l'or ont bondi de 20 % en un an, et les diamants éthiques sont de plus en plus demandés. Les maisons se tournent vers des filières certifiées, comme le label RJC (Responsible Jewellery Council).

Un rayonnement international

La France reste le leader mondial de la joaillerie de luxe, avec 30 % des exportations mondiales. En 2025, les exportations de bijoux français ont atteint 12 milliards d'euros, en hausse de 10 %. Les États-Unis, la Chine et les Émirats arabes unis sont les principaux marchés.

Le gouvernement a annoncé en juin 2026 un plan de soutien de 50 millions d'euros pour la filière, incluant des aides à la formation et à l'innovation. « La joaillerie est un fleuron de notre artisanat et de notre industrie », a déclaré le ministre de l'Économie.

En somme, la joaillerie française prouve que le luxe artisanal a de beaux jours devant lui, alliant tradition et modernité pour séduire une clientèle exigeante.

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