Un robot pulvérise le record du semi-marathon : la légende de Marathon revisitée
Connaissez-vous Thersippe d’Erée ? Probablement pas, et c’est bien normal. Selon les écrits de Plutarque, qui cite lui-même l’auteur antique Héraclide du Pont, ce soldat grec aurait couru, en 490 avant notre ère, de Marathon à Athènes, soit une distance de 42,195 kilomètres, pour annoncer la victoire des Grecs contre les envahisseurs perses, bien plus nombreux. Il serait mort d’épuisement après avoir délivré son message.
Les multiples noms d’un héros légendaire
D’autres noms circulent autour de ce messager héroïque. Plutarque, citant une autre source, évoque Euclès ou Euclée, tandis que le rhéteur Lucien de Samosate le nomme Philippidès. Peu importe le nom exact : l’essentiel réside dans la bataille mémorable de Marathon, suivie d’un exploit physique sublime qui a inspiré, vingt-cinq siècles plus tard, une épreuve sportive tout aussi mythique.
Le marathon moderne a été imaginé en 1894 par le linguiste Michel Bréal, ami de Pierre de Coubertin, pour les premiers Jeux olympiques modernes. Que c’était beau ! Un autre exploit collectif suivit la bataille : les soldats grecs victorieux durent regagner Athènes à toute vitesse avec armes et bagages, craignant un débarquement perse ailleurs.
La beauté du sport commémoratif
Que le sport commémore cette légende, c’était magnifique. Que la trêve olympique fasse oublier une guerre sanglante, c’était sublime. Que ce souvenir s’incarne dans l’épreuve reine de la course à pied, c’était grandiose. Mais toute cette beauté vient d’exploser aujourd’hui, avec un événement qui bouscule nos repères.
Le robot qui défie l’histoire
À Pékin, un robot humanoïde vient de remporter un semi-marathon. En bouclant la course en cinquante minutes et vingt-six secondes, il a pulvérisé le record humain détenu jusqu’alors par Jacob Kiplimo, qui était de cinquante-sept minutes et vingt secondes. Cet événement rappelle le traumatisme du 27 mai 2017, lorsque le programme AlphaGo battit au jeu de go le champion du monde Ke Jie.
Des danses robotiques inquiétantes
Déjà, lors de la soirée du Nouvel An chinois organisée par Pékin le 16 février dernier, voir ces robots chinois danser avec une chorégraphie impeccable nous avait donné la chair de poule. On les imaginait facilement équipés d’armes, comme dans le film Robocop. Fantasme ou peur injustifiée ? On l’espère, mais cette impression de vivre dans un film de science-fiction devient de plus en plus tangible.
Avec ces robots qui courent et gagnent le semi-marathon, on peut se demander si le genre de la science-fiction ne vient pas de mourir. Puisque le futur est devenu notre présent, il ne nous reste plus qu’à faire revivre le passé, en repensant aux héros antiques comme Thersippe d’Erée, dont l’exploit semble désormais dépassé par la technologie.



