Un ancien policier américain obtient 835 000 dollars de dédommagement après 37 jours de prison pour un mème sur Facebook
Un ancien policier américain a obtenu mercredi 20 mai un dédommagement de 835 000 dollars (environ 720 855 euros) après avoir passé 37 jours en prison dans le Tennessee. L’homme de 61 ans, Larry Bushart, avait été arrêté à tort en septembre 2025 pour avoir partagé un mème politique sur Facebook après le meurtre du militant Charlie Kirk.
Les faits : un mème partagé sur Facebook
Larry Bushart, un ancien policier à la retraite de 61 ans, a passé 37 jours derrière les barreaux après avoir réagi sur Facebook à l’assassinat du militant politique Charlie Kirk. Après avoir poursuivi le comté et le shérif, l’Américain a obtenu mercredi 20 mai un dédommagement de 835 000 dollars, soit 720 855 euros, rapporte Associated Press (AP).
Le mème qui avait provoqué l’arrestation de ce résident du Tennessee, en septembre 2025, reprenait fidèlement des propos de Donald Trump, qui avait déclaré : « Il faut passer à autre chose », à la suite de la fusillade scolaire mortelle survenue au lycée Perry dans l’Iowa. Le sexagénaire avait partagé cette image, qu’il n’avait pas créée, dans un fil de discussion Facebook annonçant une veillée en hommage à Charlie Kirk dans le comté de Perry, au Tennessee, après l’assassinat de l’influenceur d’extrême droite. Il l’avait accompagnée du commentaire « cela semble pertinent aujourd’hui… »
Une arrestation jugée abusive
« Je n’ai menacé personne ! » s’est exclamé Larry Bushart lors de son arrestation. Interrogé par la nécessité d’une telle arrestation, le shérif du comté s’était justifié, expliquant que les résidents avaient été alarmés par la mention de la fusillade scolaire, craignant que Bushart ne menace une école locale, également appelée Perry County High School. Le shérif avait toutefois admis qu’il savait que le mème faisait référence à une école de l’Iowa.
Sa version des faits avait été davantage fragilisée après la diffusion de la vidéo de l’arrestation du sexagénaire. Dans un échange relayé par The Intercept, il est possible d’entendre le policier lui annoncer ses chefs d’inculpation : « Pour être clair, voici ce dont vous êtes accusé : menaces de violence de masse dans une école », explique l’agent. « Dans une école ? J’ai plaisanté sur Facebook, je n’ai menacé personne ! », s’étonne Larry Bushart. « Je n’en ai aucune idée », reconnaît l’agent en riant, conscient de l’absurdité de la situation. Avant d’ajouter : « Je dois juste faire ce que j’ai à faire. »
Un séjour en prison lourd de conséquences
Larry Bushart fait partie des dizaines d’Américains qui ont subi des sanctions de toutes sortes – allant de critiques en ligne à la perte de leur emploi – pour avoir publié des commentaires sur les réseaux sociaux au sujet du meurtre par balle de Kirk. Mais l’ancien policier est la seule personne connue à avoir été incarcérée pour une telle publication.
Du fait de son séjour en prison, le sexagénaire a perdu son emploi post-retraite et a manqué son anniversaire de mariage ainsi que la naissance de sa petite-fille. « Je suis ravi que mes droits garantis par le Premier Amendement aient été rétablis », a déclaré Bushart dans un communiqué annonçant l’accord mercredi. Avant de conclure : « J’ai hâte de tourner la page et de passer du temps avec ma famille. »



