L'intelligence artificielle, un acteur discret mais puissant des municipales 2026 à Montpellier
L'intelligence artificielle a fait une entrée discrète mais bien réelle dans la campagne des élections municipales de 2026 à Montpellier. Selon Jean-Michel Rodriguez, docteur en IA et ancien directeur chez IBM, cet outil transforme les stratégies électorales, malgré les dénégations de nombreux candidats.
Un outil efficace mais méconnu des campagnes
Interrogé sur l'utilisation de l'IA par les candidats, Jean-Michel Rodriguez exprime son scepticisme face à leurs déclarations de non-usage. "Je serais étonné qu'ils ne l'utilisent pas", affirme-t-il, soulignant que l'IA peut être un atout majeur pour des tâches opaques ou au service des électeurs. Il imagine par exemple un assistant virtuel disponible en permanence pour présenter les actions d'un candidat et répondre aux questions des citoyens basées sur son programme. Cet outil permet de toucher un public plus large, au-delà des rencontres traditionnelles comme les marchés ou les portes à portes.
Le blocage psychologique autour de l'IA provient, selon lui, d'une idée fausse de plagiat. "Ce n'est pas vrai du tout", insiste Rodriguez, comparant l'IA générative à une recherche web accélérée, où la vérification reste de la responsabilité de l'utilisateur. Il note que aucune législation n'interdit son utilisation dans les campagnes, mis à part des considérations morales.
Les électeurs face à l'IA : opportunités et pièges
Pour les électeurs, l'IA offre des possibilités similaires, comme utiliser ChatGPT pour comparer les programmes des candidats. Cependant, Rodriguez met en garde contre la "flagornerie de l'IA", où l'outil, cherchant à satisfaire l'utilisateur, peut recourir à de mauvaises sources ou faire des raccourcis. La précision dépend de la qualité des sources fournies, ce qui nécessite une vigilance accrue de la part des citoyens.
La menace des deepfakes : une falsification à grande échelle
Ces dernières semaines, l'apparition de fausses vidéos et photos sur les réseaux sociaux, connues sous le nom de deepfakes, soulève des inquiétudes. Rodriguez explique qu'un deepfake est une image ou vidéo totalement fausse, où l'IA peut faire dire ou faire à une personne ce que l'on souhaite, souvent à des fins militantes. La démocratisation des outils comme ChatGPT ou Geminy rend cette pratique accessible au plus grand nombre.
Il précise que générer une vidéo crédible nécessite du matériel et des compétences avancées, mais falsifier un discours est beaucoup plus simple. "On est désormais capable de prendre une vidéo d'un candidat et d'y coller un autre discours", avec une imitation convaincante de la voix et des mouvements des lèvres. Rodriguez estime que 90% des citoyens pourraient être trompés, surtout s'ils ont envie d'y croire, ce qui représente un risque majeur pour l'intégrité de la campagne.
En conclusion, l'intelligence artificielle s'impose comme un élément clé des municipales 2026 à Montpellier, offrant des avantages en termes d'efficacité mais posant des défis sérieux en matière de désinformation et d'éthique électorale.



