Le PDG de Google DeepMind, Demis Hassabis, Prix Nobel de chimie 2024, défend une vision nuancée de l'intelligence artificielle
Le PDG de Google DeepMind, Demis Hassabis, lauréat du Prix Nobel de chimie en 2024, se présente comme un optimiste prudent de l'intelligence artificielle (IA). Il ne cesse de rappeler cette posture équilibrée, oscillant entre enthousiasme pour le potentiel révolutionnaire de cette technologie et vigilance face aux risques associés.
Une révolution technologique sans précédent
Du côté positif, Demis Hassabis n'hésite pas à surenchérir sur l'impact de l'IA. Il la considère comme plus révolutionnaire que le feu ou l'électricité. Lors du dernier sommet international sur l'IA en Inde, en février 2024, il a affirmé que cette technologie serait capable de transformer les sociétés dix fois plus que la révolution industrielle et peut-être dix fois plus vite. Il a précisé croire en l'avènement d'une intelligence artificielle générale d'ici cinq ans.
Le PDG de DeepMind liste des applications prometteuses dans divers domaines :
- Santé : par le développement de nouvelles molécules
- Énergie : avec notamment la fusion nucléaire comme source
- Matériaux : pour améliorer les performances des batteries
Il martèle inlassablement que l'IA agit comme un multiplicateur de force pour l'humain, augmentant ainsi sa créativité et ses capacités.
Des risques à ne pas négliger
Côté bémol, Demis Hassabis estime que cette technologie est fondamentalement neutre et que son impact dépendra des usages qui en seront faits. Sa première inquiétude concerne les mésusages potentiels par des acteurs malveillants. Dans un entretien pour le site du prix Nobel publié en février 2025, il a exposé sa seconde crainte : s'assurer que, techniquement, ces systèmes ne s'emballent pas et conservent les valeurs et buts qui leur ont été assignés.
Pour cela, il préconise la mise en place de garde-fous robustes et appelle régulièrement à la création d'un centre international de recherche dédié à ces questions. Il propose un modèle inspiré du Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) en Suisse, spécialisé en physique des particules, mais adapté aux défis spécifiques de l'intelligence artificielle.
Cette approche prudente mais ambitieuse reflète la complexité des enjeux soulevés par l'IA, où promesses technologiques et risques éthiques doivent être soigneusement équilibrés.



