IA et rap : quand Chirac et Villepin s'invitent sur Colors
IA : Chirac et Villepin dans un clip façon Colors

Une vidéo générée par intelligence artificielle (IA) met en scène Jacques Chirac, pourtant décédé, et Dominique de Villepin sur un morceau de rap américain intitulé « Hotel Lubby ». Ce qui semble être une hallucination est en réalité le résultat d'une IA, qui a permis de reproduire, sans le vouloir, la marque de fabrique de l'un des studios de musique les plus connus : « Colors ».

Colors, un studio devenu plateforme incontournable

Avec plus de 8,56 millions d'abonnés sur YouTube, ce qui était à l'origine un simple studio musical est devenu la plateforme où les artistes se pressent. Minimalisme et couleur sont les maîtres mots de ce décor devenu incontournable dans le monde de la musique. Volontairement inclusive tant dans les genres que dans les artistes représentés, la chaîne Colors n'oublie pas sa première mission, qui est de « donner une opportunité de présenter leur musique sans distraction ».

Le retour à l'essentiel, une philosophie fondatrice

Quand Phillipp Starcke quitte son emploi à Hambourg pour se consacrer à la musique, il ne se doute pas du succès qu'incarne son projet. Soucieux de se démarquer de ce que propose déjà l'industrie musicale, il souhaite créer des clips musicaux de qualité, qui reconnectent les artistes à l'essentiel. Il décide alors de contacter son ami Felix Glasmeyer, photographe de mode à New York, pour recevoir son aide. Les débuts ne sont pas fameux ; le manque de moyens les incite à aborder leur projet de manière simple mais stratégique. Exit les clips musicaux avec des budgets colossaux, le studio se veut minimaliste mais soigné.

Inviter à performer, chaque artiste se retrouve plongé dans un décor qui lui est propre, avec une même couleur qui n'apparaît jamais deux fois. Seul face à son microphone et dans un décor minime, l'interprète fait ce qu'il sait faire de mieux : performer. Ces deux éléments sont devenus le cœur de l'identité « Colors ». Et c'est surtout cette esthétique sans chichis que les artistes viennent chercher. La place de la mise en scène leur permet d'être jugés seulement sur leur performance musicale, ce qui reste rare dans un monde où le visuel prend de plus en plus de place.

« All Colors, no genres », la devise du studio

Malgré les nombreuses têtes d'affiche qui apparaissent sur la chaîne, à l'image de Billie Eilish, Doja Cat ou encore Angèle, la plateforme musicale, comme elle aime dorénavant se présenter, n'oublie pas de faire « la promotion des nouveaux artistes les plus originaux et des sonorités les plus singulières ». Volontairement un tremplin, elle a permis de mettre en lumière certains chanteurs et de leur offrir une véritable reconnaissance, comme l'interprète français Yame, qui a notamment vu « Bécane », son morceau fétiche, décoller à la suite de son apparition.

Inclusive jusqu'au bout, l'équipe éditoriale n'a de cesse de créer des connexions entre les différentes cultures et la musique. Pas surprenant donc qu'elle ait invité l'artiste nigérian Oxlade à chanter son tube « Ku Lo Sa », sérénade musicale qui mêle l'anglais et le yoruba. Pas étonnant non plus que la plateforme ait fait le choix d'inviter Fary pour partager son expérience sur le racisme, dans un mélange de slam et de poésie. Comme toujours, la plateforme se veut novatrice, avec toujours un temps d'avance sur l'industrie.