Dans le cadre de notre série « Les 50 qui vont faire demain », nous vous présentons aujourd'hui le portrait de Camille Girard-Chanudet, une sociologue qui s'intéresse de près aux coulisses de l'intelligence artificielle. Son travail met en lumière les acteurs souvent invisibles qui participent à la fabrication des systèmes d'IA, des data centers à la vidéosurveillance.
Un parcours atypique
Camille Girard-Chanudet a découvert sa passion pour les questions numériques après un cursus en politiques publiques à Sciences-Po Paris et une jeunesse marquée par les voyages. C'est lors de sa soutenance de thèse en 2023 qu'elle a impressionné le public et le jury par sa clarté et sa capacité à partir du terrain pour monter en généralité. Sa thèse portait sur l'intelligence artificielle dans la justice, mais constituait une allégorie de notre rapport contemporain aux machines.
Des choix éthiques délégués
Dans ses recherches, elle a notamment décrit comment l'apprentissage des IA est en partie délégué à des fonctionnaires de catégorie C, qui se retrouvent à devoir faire, dans leur coin, des choix éthiques et politiques fondamentaux. Ce constat soulève des questions cruciales sur la responsabilité et la transparence dans le développement technologique.
Un engagement pour l'humain
Ce souci pour la place de l'humain dans les dispositifs techniques guide aujourd'hui son postdoctorat au CNRS, où elle travaille sur le numérique et la santé. Parallèlement, elle est cofondatrice de l'Observatoire des Algorithmes publics, créé en 2023, qui vise à surveiller et analyser l'impact des algorithmes dans les services publics.
Camille Girard-Chanudet incarne une nouvelle génération de chercheurs qui allient rigueur académique et engagement citoyen. Son travail nous rappelle que derrière chaque technologie se cachent des choix humains qui méritent d'être examinés et débattus.



