Tides of Tomorrow : le nouveau jeu vidéo de DigixArt pourra-t-il à son tour faire rayonner Montpellier ?
Le savoir-faire montpelliérain en matière de jeu vidéo s'apprête à nouveau à rayonner bien au-delà des frontières de la France. Après le multirécompensé Clair Obscur : Expédition 33 de Sandfall Interactive en 2025 et la poétique simulation d'escalade Cairn de The Game Bakers en début d'année, place désormais à Tides of Tomorrow. Développé par DigixArt à deux pas de la Comédie, ce jeu d'aventure au concept renversant sort sur Xbox, PS5 et PC mercredi 22 avril 2026.
Un studio indépendant qui monte en puissance
Installé à Montpellier dans le quartier Antigone, le studio DigixArt est désormais un nom qui compte dans l'univers du jeu vidéo. Fondé en 2015 par Yoan Fanise, un ancien d'Ubisoft à l'origine notamment de Soldats inconnus, il compte aujourd'hui une trentaine de personnes contre une quinzaine lors du développement de son précédent titre, Road 96, en 2021. Un changement d'échelle pour ce studio indépendant qui mêle profils techniques et créatifs – programmeurs, artistes, scénaristes – pour concevoir des jeux axés sur un concept fort.
Tides of Tomorrow est leur projet le plus ambitieux à ce jour avec près de trois ans et demi de développement. Pourra-t-il se faire une place dans le cœur des joueurs alors que la concurrence est particulièrement rude en ce premier semestre 2026 ?
Un univers post-apocalyptique engagé
Tides of Tomorrow plonge le joueur dans un monde où les océans ont englouti les terres et où le plastique a envahi l'environnement au point de contaminer les êtres vivants. Manette en main, on incarne un Tidewalker, un rescapé chargé d'évoluer dans cet univers au bord de la rupture et d'en décrypter les enjeux.
Fidèle à son ADN, DigixArt a conçu sa nouvelle aventure avec en fil rouge une thématique de fond : cette fois, c'est l'environnement. « On essaie de raconter des histoires avec un sujet derrière. Après Road 96 et la crise politique, on s'est dit qu'on pouvait traiter une crise écologique », explique Adrien Poncet, le game director de Tides of Tomorrow. Mais pas question de jouer les juges ou les moralisateurs : « On ne veut pas dire aux joueurs quoi penser. On préfère exposer une situation et les laisser libres de leurs choix. »
Le système Story-Link : une révolution narrative
Le cœur de Tides of Tomorrow, c'est son système de Story-Link. Derrière ce nom technique, une idée simple : ici, le joueur n'est pas seul. À chaque partie, il évolue dans les traces d'un autre joueur dont les choix impactent son expérience. « Ton histoire va être influencée en partie par un autre joueur qui a joué avant toi », résume Adrien Poncet.
Concrètement, une action réalisée en amont peut transformer une situation :
- Un passage ouvert
- Un personnage hostile
- Une zone verrouillée
Autant de variations qui modifient la manière d'aborder un niveau. Si un joueur vole une cargaison de médicaments, le suivant découvre une zone sous tension, quadrillée par des gardes à la recherche du coupable. À lui de s'adapter. « Les actions du joueur précédent ont des conséquences directes sur le suivant », insiste le game director.
Pas si simple à mettre en place : « Le plus compliqué, ce n'était pas de le programmer, mais de le concevoir et de le rendre compréhensible et amusant », reconnaît Adrien Poncet. Résultat : une aventure d'une dizaine d'heures portée par près de 10 000 lignes de dialogue, pensée pour rester accessible.
Objectifs de vente et prix abordable
Reste une question : les joueurs vont-ils adhérer à cette expérience partagée qui bouscule les codes du jeu d'aventure solo ? Pour DigixArt, la réponse passera par l'accueil du public et aussi les chiffres. Objectif : 300 000 ventes toutes plateformes confondues. C'est raisonnable d'autant que Tides of Tomorrow sera vendu 25 euros contre parfois près de 80 euros pour certains titres. Réponse dans les prochaines semaines.
Le jeu propose une démo disponible sur Steam depuis le 14 avril 2026, permettant aux joueurs de découvrir en avant-première cette expérience narrative unique développée au cœur de Montpellier.



