Artémis 2 : Une mission historique pour préparer le retour sur la Lune
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la NASA se sont envolés mercredi pour un voyage de dix jours autour de la Lune. Cette mission test, la première du genre depuis plus de cinquante ans, ouvre la voie à un retour sur le sol lunaire prévu pour 2028. Cependant, le vocabulaire technique spécifique aux voyages spatiels peut rendre la compréhension difficile pour le grand public. Nous décryptons ici les termes clés pour y voir plus clair.
La fusée Space Launch System : Une architecture complexe
La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à 18h35 (0h35 heure française). Ce lanceur spatial du programme Artémis est composé de plusieurs éléments essentiels :
- L'étage central : Le gros tube marron qui constitue le corps principal de la fusée.
- Les boosters latéraux : Deux tubes situés sur les côtés qui fournissent la poussée initiale au décollage.
- L'étage supérieur ICPS : L'Interim Cryogenic Propulsion Stage, situé sous le vaisseau Orion.
Lors de l'allumage, l'étage central et les boosters travaillent ensemble pour permettre à la fusée de quitter le pas de tir. Après environ deux minutes, les boosters sont largués, laissant l'étage central maintenir la trajectoire et propulser le vaisseau Orion hors de l'atmosphère terrestre avant d'être à son tour éjecté. L'ICPS prend ensuite le relais, servant de taxi pour propulser Orion en orbite terrestre haute en utilisant une propulsion cryogénique basée sur de l'oxygène et de l'hydrogène liquides à températures ultrafroides.
Le vaisseau Orion : Module d'équipage et module de service
Le vaisseau Orion est conçu pour transporter les quatre astronautes vers la Lune, assurer leur survie pendant dix jours et les ramener sur Terre en toute sécurité. Il se compose de deux parties principales :
- Le module d'équipage (Crew Module, CM) : Une capsule de 9 mètres cubes où les astronautes vivent, naviguent et communiquent avec la NASA.
- Le module de service : C'est lui qui conduit le vaisseau. Il stocke le carburant, gère l'alimentation électrique via des panneaux solaires, régule la température avec des radiateurs, et fournit l'oxygène et l'eau nécessaires. Il sera largué juste avant l'entrée dans l'atmosphère au retour.
Injection translunaire et trajectoire de retour libre
Pour atteindre la Lune, Orion utilise une manœuvre appelée injection translunaire. Le vaisseau effectue deux tours complets de la Terre pour prendre de l'élan, utilisant l'orbite terrestre comme une fronde pour être propulsé vers la Lune. Cette technique exploite les champs gravitationnels de la Terre et de la Lune, des forces invisibles générées par ces astres.
En utilisant la gravité lunaire, Orion peut survoler la face cachée de la Lune avant de se relancer vers la Terre via une trajectoire en forme de huit, connue sous le nom de trajectoire de retour libre. Cette trajectoire permet au vaisseau de revenir naturellement à son point de départ, la Terre, sans nécessiter de manœuvres complexes supplémentaires.
Cette mission marque une étape cruciale dans l'exploration spatiale, préparant le terrain pour des missions habitées plus ambitieuses vers la Lune et au-delà.



