iQIYI lance Nadou Pro : l'IA qui révolutionne le cinéma et inquiète les acteurs
iQIYI lance Nadou Pro : l'IA qui révolutionne le cinéma

La plateforme iQIYI, souvent surnommée le Netflix chinois, a récemment lancé Nadou Pro, un outil d'intelligence artificielle qui marque un tournant dans l'industrie cinématographique. Le principe est simple mais ambitieux : l'utilisateur peut composer son propre casting à partir d'une vaste base de données, en choisissant soit des talents IA entièrement virtuels, soit des clones numériques d'acteurs réels. L'IA se charge ensuite de générer le jeu, la voix, les expressions faciales et la gestuelle de ces pseudos acteurs.

Seize œuvres déjà produites

Depuis fin 2025, seize œuvres ont vu le jour grâce à cet outil, allant de la publicité au court-métrage. Par exemple, des publicités reprenant les traits des stars de la série à succès Pursuit of Jade ont bluffé le public par leur réalisme. Pour défendre son innovation, Gong Yu, le PDG d'iQIYI, a promis que l'IA permettrait aux acteurs de tourner quatorze productions par an au lieu de quatre, sans même avoir à se déplacer sur un plateau.

Panique chez les comédiens

Loin de rassurer, cet argument a déclenché une panique au sein de la profession. De nombreux comédiens menacent aujourd'hui de boycotter la plateforme. Face au tollé, Gong Yu et le vice-président Liu Wenfeng ont précisé que l'intégration d'un acteur réel dans la bibliothèque Nadou Pro nécessite son consentement pour chaque rôle programmé.

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Le World AI Film Festival

Ce débat reste brûlant, comme l'a montré la 2e édition du World AI Film Festival (WAIFF), organisée au palais des Festivals à Cannes par La Maison de l'IA et l'Institut EuropIA. Sous la direction de Marco Landi, ancien dirigeant d'Apple, et avec le soutien du département des Alpes-Maritimes présidé par Charles Ange Ginésy, l'événement s'impose comme un carrefour entre création audiovisuelle et technologie.

Parmi les œuvres primées, on trouve Devoured (Corée du Sud) et Le Commencement (Jordanie). Mais le coup de cœur du journaliste va à Napoléon III. Le prix de l'audace (France), une preuve que lorsque la magie opère, c'est l'humain qui supervise.

Claude Lelouch rassure

Claude Lelouch, qui a décroché la palme d'or en 1966 pour Un homme et une femme, est intervenu au palais des Festivals lors de la remise des prix. Il a voulu se montrer rassurant : « Avec l'IA, on va pouvoir espérer, peut-être encore un peu plus, que personne ne meure jamais d'une overdose de rêve. Mais moi qui aime les acteurs, je leur dois tout. Un metteur en scène sans acteurs ne sert à rien. Je dois leur dire : “Jamais on ne pourra vous remplacer. Jamais.” »

S'exprimant devant les actrices Agnès Jaoui et Elsa Zylberstein, le réalisateur a renforcé son propos : « L'IA n'est pas jalouse, vous pouvez l'appeler à 3 heures du matin, et elle vous donnera toujours de bons conseils. Nous n'avons jamais eu des outils aussi formidables pour fabriquer un monde nouveau… sauf si des imbéciles en précipitent la fin. » Ses paroles ont été saluées par un tonnerre d'applaudissements.

L'Escalator : un incubateur social

L'incubateur social L'Escalator, créé par Maurice Lévy, président d'honneur du conseil de surveillance de Publicis, s'apprête à accueillir sa sixième promotion. Vingt-six projets seront sélectionnés pour bénéficier de 700 mètres carrés de bureaux à Levallois-Perret et d'un accompagnement intensif de douze mois. Parmi les précédents lauréats, on retrouve Fullsoon, qui lutte contre le gaspillage alimentaire, et Leeberal, qui démocratise l'accès au conseil juridique.

Grimace : une IA antidouleur pour les souris

Des chercheurs de l'ETH Zurich ont dévoilé Grimace, un système open source qui combine caméras et IA pour détecter en temps réel la douleur chez les souris de laboratoire. Installées dans une cabine photo, les souris sont filmées sous infrarouge. L'algorithme analyse leur posture et leurs expressions faciales – rétrécissement des yeux, gonflement du museau et des joues, changement de position des oreilles ou direction des vibrisses – pour identifier des signaux subtils de souffrance. Ces résultats, publiés dans LabAnimal, ouvrent la voie à des pratiques expérimentales plus respectueuses du bien-être animal.

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