L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle bouleverse déjà le quotidien depuis quelques années. Que ce soit dans le monde du travail, de la recherche, du divertissement ou encore de la création de contenus, l’IA s’impose désormais comme une technologie incontournable.
Mais derrière ces avancées spectaculaires, une autre révolution est aussi en marche. Celle des cyberattaques assistées par l’intelligence artificielle. À tel point que l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) met en garde contre cette menace croissante.
Des cyberattaques plus rapides et plus crédibles grâce à l’IA
Selon Verena Ross, présidente de l’ESMA, l’IA pourrait notamment permettre d’accélérer considérablement la vitesse et l’ampleur de certaines attaques informatiques. Celles-ci gagnent non seulement en rapidité, mais aussi en crédibilité.
Autrement dit, elles deviennent de plus en plus convaincantes et difficiles à détecter, aussi bien pour les victimes que pour les systèmes de sécurité. « Nous suivons de près comment l’intégration de modèles d’IA pourrait accélérer la survenue de telles attaques », indique Verena Ross.
Ces inquiétudes ont récemment été renforcées par plusieurs rapports affirmant que Mythos, un nouveau modèle d’IA développé par la société américaine Anthropic, serait capable de détecter et d’exploiter des failles de cybersécurité jusqu’alors inconnues dans les systèmes informatiques.
L’Europe veut renforcer sa surveillance face aux cybermenaces
Cette évolution illustre bien les défis auxquels les régulateurs doivent désormais faire face pour suivre le rythme des progrès de l’IA. « Nous devons redoubler d’efforts », explique notamment Verena Ross, qui estime que les autorités européennes doivent développer leur expertise pour mieux superviser l’utilisation de l’IA dans le secteur financier.
D’ailleurs, l’ESMA et d’autres autorités européennes ont déjà commencé à surveiller de plus près plusieurs grandes entreprises technologiques considérées comme essentielles au secteur financier européen.
Qualifiées de « fournisseurs critiques », ces sociétés jouent un rôle majeur dans les infrastructures numériques utilisées par les marchés financiers et les banques. Verena Ross n’a toutefois pas souhaité préciser si des fournisseurs d’intelligence artificielle pourraient, à l’avenir, faire l’objet d’une surveillance renforcée pour limiter les risques liés aux cyberattaques.
En tout cas, une chose semble déjà certaine : à mesure que l’IA gagne en puissance, les cyberattaques pourraient devenir l’un des principaux défis technologiques des prochaines années.



