L'Express s'associe à l'institut de sondages Viavoice, à HEC Paris et à BFM Business pour interroger régulièrement un panel représentatif de Français et de cadres sur un sujet d'actualité. Bruno Biais, professeur de finance à HEC, décrypte les résultats de ce "Baromètre des décideurs" consacré aux cryptomonnaies et à leur perception dans la population.
Un taux de détention modeste en France
Notre sondage montre un taux de détention de cryptoactifs relativement faible chez les Français, corroborant les enquêtes réalisées ces dernières années par l'Adan, l'association qui réunit les professionnels du secteur. Bruno Biais commente cette percée modeste : "Il est intéressant de remettre en perspective ces chiffres avec ce que l'on observe dans d'autres pays. En fait, les Français ne sont pas très différents de leurs voisins européens qui, eux aussi, détiennent et utilisent peu les cryptomonnaies."
Une comparaison internationale éclairante
Dans un article de recherche réalisé avec ses collègues Jean-Charles Rochet et Stéphane Villeneuve, Bruno Biais a élaboré une théorie de l'adoption et de l'utilisation des cryptos et l'a confrontée aux données. Les pays où les particuliers y ont le plus recours sont la Turquie, le Liban, le Nigeria, le Venezuela ou l'Argentine. Leur point commun ? Une monnaie faible et un taux d'inflation très élevé.
"À mon sens, les cryptos et les stablecoins peuvent être utiles aux habitants de nations où la monnaie officielle, la Banque centrale, le gouvernement et les réseaux bancaires sont dysfonctionnels," explique le professeur. "D'une certaine manière, le taux limité d'adoption en Europe est une bonne nouvelle. Il montre que notre système monétaire et financier n'est pas si mauvais."



