À Cannes, les débuts timides des paiements en cryptomonnaies
Cannes : premiers pas discrets des paiements en crypto

Pour la première fois cette année, les festivaliers pourront payer en cryptomonnaies dans plus d'une centaine d'hôtels, restaurants, agences ou boutiques de Cannes, même si les clients sont encore rares à utiliser ce nouveau dispositif. « La dynamique à Cannes, c'est d'être sur des technologies innovantes, c'est notre ADN d'être à la pointe de ce qui se fait au niveau technologique », explique Frank Chikli, adjoint en charge du développement du numérique, dans la cité azuréenne où s'ouvre mardi le grand rendez-vous du cinéma mondial.

Un festival moteur pour l'économie locale

Avec près de 40 000 festivaliers accrédités et des dizaines de milliers de visiteurs, le festival du cinéma est un moteur essentiel de l'activité locale. La quinzaine représente 20 % du chiffre d'affaires annuel des hôteliers et génère plus de 200 millions d'euros de retombées économiques, selon les estimations de la mairie. Mais quand il n'est pas réservé au gratin du cinéma en mai, le palais des festivals accueille chaque année de nombreux autres rendez-vous importants, et les nouvelles technologies, l'intelligence artificielle et l'économie numérique y sont de plus en plus présentes.

Ainsi, c'est désormais à Cannes que se déroule l'EthCC, conférence internationale annuelle de l'Ethereum, la deuxième plus grande cryptomonnaie en termes de capitalisation après le bitcoin, qui a encore réuni près de 5 000 personnes début avril. Pour accueillir cette nouvelle clientèle, la ville a organisé au premier semestre 2025 des sessions de formation sur les cryptomonnaies à l'attention des acteurs socio-économiques de la ville.

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Des formations mitigées

« C'était un peu ardu, on n'a pas tout compris », reconnaît Nicolas Colinet, fondateur de la société NLS Limousines. « La première session, c'était plein ; la seconde, il y avait moitié moins de monde ». Malgré tout, le site de l'office du tourisme de Cannes recense plus d'une centaine d'établissements acceptant désormais les paiements en cryptomonnaies : restaurants, agences de location, plages, hôtels, jusqu'au célèbre Majestic et au palais des festivals lui-même.

Un système simple mais peu utilisé

« C'est extrêmement simple », assure M. Colinet, qui a signé un contrat avec la start-up Lyzi, un des partenaires de la ville pour cette opération. Un investissement de 350 euros et pas de frais fixe, pour que les chauffeurs de ses limousines puissent accepter les cryptomonnaies via une application sur leur téléphone. Le client doit scanner un QR code pour prélever la somme nécessaire dans son portefeuille de cryptomonnaie, et le commerçant reçoit la somme en euros sur son compte bancaire en quelques heures ou quelques jours. « C'est un système génial », assure-t-il. Seul problème : comme la plupart des petits commerces qui ont franchi le pas, « on n'a pas encore fait un encaissement en crypto ».

« Le porteur de crypto est plutôt quelqu'un qui a un panier moyen élevé aujourd'hui, et une dépense moyenne très très élevée aussi », explique Damien Patureaux, PDG de Lyzi. « Et donc ils ont plutôt tendance à aller dans les endroits où c'est vite très cher ». Sa plateforme a enregistré « des milliers de transactions cryptos pour quelques millions d'euros de volume » l'an dernier à Cannes et dans ses environs, mais essentiellement dans les établissements de grand luxe, assure-t-il. Palaces, bijouteries, « c'est ça qui tire les volumes de paiements cryptos », ajoute-t-il. Contactés par l'AFP, ces établissements n'ont pas donné suite.

Une clientèle principalement étrangère

Entre 60 et 70 % des clients ayant utilisé le paiement en cryptomonnaie sont des étrangers, venus essentiellement des États-Unis, du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-Est, et pour qui la cryptomonnaie est aussi un moyen d'éviter les frais de change, selon M. Patureaux. Pour la ville, c'est déjà une réussite. « Les transactions en cryptos représentent une brique de la révolution numérique, c'est important de s'approprier les moyens de paiement de demain », explique M. Chikli. « On a encouragé sans imposer, maintenant il faut laisser le temps aux professionnels et aux utilisateurs ».

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