Sarah Steyaert, championne du monde de Laser Radial en 2008 : une victoire mentale et historique
Dans les archives du sport, le 20 mars 2008 reste une date mémorable pour la voile française. Ce jour-là, la Châtelaillonnaise Sarah Steyaert, âgée de 21 ans, décroche le titre de championne du monde de Laser Radial à Takapuna Beach, en Nouvelle-Zélande. Ce voyage à l'autre bout du monde a valu la peine, couronnant une athlète déjà auréolée de succès, comme le titre de championne du monde chez les jeunes en 2004 et celui de championne d'Europe en 2005.
Un parcours exemplaire vers la victoire
La victoire de Sarah Steyaert s'est dessinée dès le début de ce mondial. Sixième puis première lors de la première journée, elle a pris la deuxième place le lendemain. Avant la dernière journée, elle était toutefois derrière ses deux grandes rivales : la Chinoise Xu Lijia et la Belge Evi Van Acker. « Je savais que je n'avais rien à perdre et j'avais la hargne. La Belge, je l'avais déjà doublée la dernière journée pour décrocher mon titre de vice-championne d'Europe 2007, donc j'avais un avantage sur elle », explique-t-elle.
La championne ajoute : « J'ai été plus forte mentalement en terminant première et cinquième des deux dernières manches et la Chinoise a craqué en écopant d'une pénalité sifflée sur l'eau. Je savais que, côté vitesse et technique, cela allait bien, mais c'est d'abord dans la tête que j'ai gagné. » Cette performance lui a permis d'ajouter un titre de plus à un palmarès prometteur, et elle confiait alors : « Je suis aux anges ! C'est ma plus belle performance à ce jour. »
Une année olympique et un titre historique
Cette victoire revêt une importance particulière, car elle survient durant une année olympique, où la compétition est à son apogée. Claire Fountaine, directrice de l'équipe de France de voile, souligne : « C'est le premier titre mondial du Laser féminin. Il a une valeur particulière, car il est remporté durant une année olympique, où l'on sait que tout le monde est au top. » Elle met également en avant le travail du staff de l'équipe de France, composé de Pascal Lacoste, François le Castrec et Lionel Pellegrino.
L'entraîneur Pascal Lacoste commente : « Elle a été formidable, impressionnante. Cela me fait plaisir car elle le mérite. Il y avait des conditions particulières : du clapot, du courant, des vents instables et il n'était pas évident de tirer son épingle du jeu. C'est le premier titre français en Laser Radial en tant que série olympique, dans une compétition particulière. Mais il ne s'agit pas d'une surprise venue de nulle part : depuis quatre ans Sarah comme Sophie ont eu des super résultats. » Sophie de Turckheim, l'autre Française, a terminé à la 44e place.
Le travail mental, clé du succès
Sarah Steyaert attribue sa victoire à un travail mental approfondi. « Cette victoire est d'autant plus importante qu'à la pression d'un championnat du monde, s'ajoutait celle de la dernière épreuve d'observation en vue des JO. J'ai su gérer cette pression. Je crois que c'est là où se situent mes progrès : dans le mental, car j'avais la technique et la vitesse », observe-t-elle.
Elle poursuit : « J'ai beaucoup travaillé cette question cet hiver, beaucoup discuté avec les entraîneurs. Je suis revenue sur un problème qui m'était familier : j'étais toujours sur le podium ou pas loin mais il me manquait quelque chose. J'ai donc travaillé le mental mais aussi la gestion de la durée d'un championnat. » Ce focus sur l'aspect psychologique a été déterminant pour surmonter les défis de la compétition.
Perspectives futures et repos mérité
De retour en France, Sarah Steyaert prévoit de prendre un peu de repos avant de se concentrer sur les prochains rendez-vous. Du 10 au 12 avril, elle participera à la Semaine olympique française d'Hyères, une autre épreuve importante. Parallèlement, le comité de sélection pour les Jeux Olympiques, composé de Philippe Gouard, Henry Bacchini et Claire Fountaine, se réunira vers la fin du mois de mars, avec peut-être une bonne nouvelle à la clé concernant sa qualification.
Les Jeux Olympiques de Pékin étaient déjà dans ses pensées avant ce mondial, et cette victoire renforce ses ambitions. Cette performance historique de Sarah Steyaert reste un moment fort dans les archives du sport français, illustrant l'importance de la préparation mentale et de la persévérance dans la haute compétition.



