L'équipe cycliste suisse NSN Development a annoncé ce samedi son retrait du Tour du Portugal, au lendemain de la mort de son coureur Finlay Tarling, 19 ans, heurté par une voiture circulant à contresens lors de la 8e étape. Les coéquipiers du jeune Gallois ne participeront pas aux deux dernières étapes, l'équipe se concentrant sur un « soutien total » aux proches de la victime.
Un drame évitable et des questions sans réponse
Les circonstances de l'accident, survenu entre Melgaço et Fafe, soulèvent de nombreuses interrogations. Selon la télévision portugaise RTP, le coureur a été percuté par un véhicule qui n'était pas autorisé à se trouver sur la route réservée aux coureurs. Des images de CNN montrent le vélo de Finlay Tarling, « absolument broyé » après le choc, en descente et juste avant un virage. Le conducteur, « en état de choc », a été transporté à l'hôpital pour des examens toxicologiques et un test d'alcoolémie, dont les résultats ne sont pas encore connus.
Les autorités portugaises ont ouvert une enquête, mais aucune prise de position officielle n'a été faite par les organisateurs du Tour du Portugal. Ce drame n'est pas isolé : il survient après les décès de l'Espagnol Ivan Melendez Luque (17 ans) lors du Tour d'Espagne juniors 2025 et de l'Italien Samuele Privitera (19 ans) sur le Tour du Val d'Aoste 2025, mais ceux-ci impliquaient uniquement des coureurs, pas un véhicule extérieur.
Une sécurité « catastrophique » dénoncée
L'ancien coureur professionnel Jérôme Pineau, consultant pour RMC, a vivement réagi, constatant que six accidents mortels ont eu lieu sur des courses cyclistes en trois ans. « C'est le résultat de l'incivilité et surtout du manque de moyens pour organiser des grandes courses de vélo », a-t-il déclaré. « Certains organisateurs renient les principes de sécurité. Je suis de très près ce Tour du Portugal et c'est un miracle permanent : les arrivées ne sont pas dignes d'une course de ce niveau-là, la sécurité est catastrophique. Tout ça doit surtout interpeller les instances qui sont en responsabilité. »
L'Union cycliste internationale (UCI) n'a pas encore pris la parole après ce nouveau drame. Les organisateurs ont neutralisé l'étape alors que le peloton était à 20 km de l'arrivée, mais la course reprend ce samedi. L'enquête devra déterminer comment le conducteur a pu circuler sur une route censée être fermée jusqu'au passage du dernier coureur et de la voiture-balai.



