Michel Callot, président de la Fédération française de cyclisme (FFC) depuis 2017, s'est confié à Nice dimanche 9 août, à l'occasion de la dernière étape du Tour de France Femmes avec Zwift. Interrogé sans filtre, il a abordé la stabilité des licenciés, l'essor du cyclisme féminin, le potentiel de Paul Seixas et les performances de Tadej Pogačar, répondant également aux doutes sur le dopage.
Une fédération stable mais confrontée à un plafond de licenciés
Michel Callot a dressé un constat sans détour : la FFC compte environ 110 000 licenciés, un chiffre stable depuis une vingtaine d'années. Il explique cette stagnation par la nature même de la licence, « très attachée à la compétition », alors que la pratique de loisir, notamment sur route ou en VTT, échappe largement aux clubs. « La compétition concerne forcément un public plus limité que la pratique au sens large », a-t-il précisé.
Cette situation contraste avec d'autres disciplines où la licence est quasi automatique. « Dans beaucoup de sports, vous ne pouvez pas pratiquer sans un espace dédié : un terrain de foot, un terrain de basket, un terrain de golf… Dans notre sport, beaucoup de pratiques se font dans l'espace public », a souligné le président. Pour y remédier, la FFC multiplie les actions pour ouvrir ses clubs à des pratiques non compétitives.
Le cyclisme féminin : un engouement à concrétiser toute l'année
Malgré ce plafond, Michel Callot observe un engouement croissant pour le cyclisme. Il évalue à environ 2,5 millions le nombre de Françaises et de Français pratiquant de manière sportive et régulière. Le Tour de France Femmes, lancé en 2022 par ASO, a accéléré cette dynamique. « La transposition chez les femmes a parfaitement fonctionné », s'est-il réjoui, saluant une « marque Tour de France » qui porte toute une histoire.
Pour l'avenir, le président insiste sur un enjeu clé : « Traduire cet engouement en un engouement pour le cyclisme féminin, pas seulement une semaine par an, mais toute l'année. » Interrogé sur Pauline Ferrand-Prévot, lauréate du Tour 2025, il la décrit comme « une athlète hors-norme », imprévisible, mais capable de tout si la motivation est là, que ce soit pour un nouveau Tour, les championnats du monde 2027 en France ou les Jeux olympiques de Los Angeles.
Paul Seixas, un futur duel avec Pogačar ?
Chez les garçons, Michel Callot est enthousiaste au sujet de Paul Seixas, 4e du Tour de France à 19 ans. « Je pense qu'on sous-estime vraiment ce qu'il a fait », a-t-il affirmé, soulignant sa proximité avec Pogačar lors de la première semaine et sa capacité à encaisser trois semaines de course à ce niveau. « Je prends le pari que ce sera un vrai duel avec Pogačar dans les années à venir. »
Le président de la FFC n'élude pas non plus la question du Slovène, vainqueur d'un cinquième Tour à 27 ans. Pour lui, Pogačar est « le plus grand champion de tous les temps », non seulement par son palmarès, mais par sa manière de dominer. Aux sceptiques, il répond : « C'est sans doute le sportif le plus contrôlé au monde. S'il y a une certitude, c'est qu'aujourd'hui Pogačar répond dans le bon sens à tous ces contrôles-là. » Il ajoute que cette domination s'explique aussi par une gestion d'effort qui lui laisse davantage d'énergie en fin de Tour.



