Jannik Sinner menace les tournois du Grand Chelem, dont Roland-Garros
Jannik Sinner menace les tournois du Grand Chelem

Jannik Sinner s'insurge contre la répartition des gains

Habituellement réservé, le numéro un mondial Jannik Sinner a surpris en conférence de presse ce jeudi, en marge du Masters 1000 de Rome. À quelques jours de son entrée en lice, l'Italien de 24 ans a vivement critiqué la dotation des tournois du Grand Chelem, en particulier celle de Roland-Garros. Il s'est rangé aux côtés d'Aryna Sabalenka, qui avait évoqué la veille la possibilité d'un boycott des stars pour obtenir une meilleure répartition des gains.

Un sentiment de manque de respect

« Les Grands Chelems sont les tournois les plus importants et les plus prestigieux du calendrier. Mais c'est surtout une question de respect », a dénoncé Sinner. « Parce que je pense que nous donnons beaucoup plus que ce que nous recevons. Et ce n'est pas seulement pour les meilleurs joueurs, c'est pour nous tous. » Cette position rejoint celle de Novak Djokovic, qui s'était exprimé dans le même sens jeudi face à la presse.

Roland-Garros pointé du doigt

Malgré une augmentation substantielle de sa dotation globale, passée de 56,4 à 61,7 millions d'euros en 2026 (soit une hausse de 9,53 %), Roland-Garros reste le Grand Chelem le moins généreux. En comparaison, l'Open d'Australie a offert 68,75 millions d'euros en début de saison, et l'US Open domine largement avec 76,4 millions d'euros, dont 4,24 millions pour le vainqueur, contre seulement 2,8 millions à Roland-Garros. Wimbledon, dont la dotation n'a pas encore été communiquée, avait atteint 61,9 millions d'euros en 2025.

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« Je pense que nous, les joueurs, sommes aussi un peu déçus des résultats de Roland-Garros », a concédé Sinner. « On verra ce qui arrive. Dans les deux prochaines semaines, nous connaîtrons les dotations pour Wimbledon. Nous espérons vraiment que ce sera mieux. »

Une lettre restée sans réponse

Début 2025, les joueurs des tops 20 masculins et féminins avaient rédigé une lettre pour réclamer 22 % des revenus des Majeurs d'ici 2030. Cette demande est restée lettre morte. « Ce n'est pas agréable de voir qu'après un an, nous ne sommes même pas proches d'une conclusion sur ce que nous souhaiterions », a déploré Sinner, pointant un « manque de respect ». Interrogé sur un éventuel boycott, il a répondu : « Il faut bien commencer quelque part », ajoutant comprendre que la question se pose.

« C'est la première fois que j'ai l'impression que les joueurs sont tous dans le même cas et partagent le même point de vue », a déclaré le récent vainqueur du Masters 1000 de Madrid. « Je pense que c'est juste, car sans les joueurs, il n'y a pas de tournois. En même temps, nous respectons les tournois car ils nous font grandir en tant qu'athlètes. »

Une menace qui pèse sur l'avenir des Majeurs

Les déclarations de Sinner s'ajoutent à celles de Sabalenka et Djokovic, renforçant la pression sur les organisateurs des Grands Chelems. Alors que les recettes de Roland-Garros devraient augmenter de plus de 400 millions d'euros en 2026, les joueurs estiment ne pas recevoir leur juste part. La menace d'un boycott, bien que non concrétisée, plane désormais sur le circuit.

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