Jacek Ziober, légende du MHSC, s'éteint à 60 ans
Jacek Ziober, légende du MHSC, s'éteint à 60 ans

L'ancien attaquant de Montpellier et de la Pologne, Jacek Ziober, s'est éteint ce mardi 6 octobre à l'âge de 60 ans, au terme d'une longue maladie. Le club héraultais a annoncé avoir « appris avec une profonde tristesse la disparition » de celui qui avait marqué l'histoire du club lors de son unique parcours européen.

Le héros de la Mosson face au PSV

Le 20 septembre 1990, La Mosson s'électrise. Montpellier, sans passé européen, défie le PSV Eindhoven, champion d'Europe 1988, dans le cadre du premier tour de la Coupe des Coupes. L'entraîneur anglais du PSV, Bobby Robson, s'était même assoupi dans la loge présidentielle quelques jours plus tôt en supervisant le vainqueur de la Coupe de France, fort d'un effectif comprenant Romario, les frères Koeman ou encore le gardien van Breukelen.

Jacek Ziober, débarqué de Lodz sa ville natale au cours de l'été, inscrit le but de la victoire (1-0) et ébranle les certitudes bataves. Quinze jours plus tard, Montpellier obtient un match nul (0-0) au Phillips Stadium, dans des arrêts de jeu à rallonge où Louis Nicollin harcelait l'arbitre pour siffler la fin. « Ils nous ont pris pour des jambons », scellera-t-il pour toujours.

L'après Cantona et une épopée unique

Montpellier n'a pas eu le temps d'être nostalgique d'Eric Cantona, artisan de la Coupe de France décrochée en juin, que Jacek Ziober étire le rêve. « Jacek Ziober avait été recruté pour faire oublier Eric Cantona. Ce n'était vraiment pas facile. En deux matchs, il y était presque parvenu même si on ne peut pas oublier Cantona. On avait pris un joueur hors du commun qui venait un peu de l'au-delà », résume le président Laurent Nicollin.

De Eindhoven à Manchester, en passant par Bucarest, Montpellier écrit sa seule aventure européenne à la lisière d'un monde en pleine bascule. Un but décisif devant le PSV, un doublé devant le Steaua sous le déluge de la Mosson et initiateur du but contre son camp anglais à Old Trafford : l'attaquant y marque son passage.

Une filière polonaise et des valeurs pailladines

L'international polonais (47 sélections, 7 buts) perpétue le savoir-faire polonais avant l'arrêt Bosman, dans la lignée de Gadocha (Nantes), Szarmach (Auxerre) ou Henryk Kasperczak, ex-milieu de Metz reconverti entraîneur. À l'été 1990, Kasperczak succède sur le banc héraultais à Michel Mézy, lui-même successeur d'Aimé Jacquet. « Jacek, Jacek, Jacek : Kasperczak était sans cesse derrière lui. Comme il avait du caractère, il lui répliquait. Ils finissaient par s'engueuler en polonais et nous, on n'y comprenait rien », se souvient l'ancien défenseur Pascal Baills.

En trois saisons et 110 matchs, Jacek Ziober inscrit 22 buts et imprime sa trace par ses fulgurances d'attaquant. Longue chevelure, crochet dévastateur et vitesse rare, l'icône aux cannes lestes propage pour toujours ses émotions à La Mosson. « Il a été décisif, il a marqué des buts et était combatif. Il se battait avec toute son énergie pour l'équipe. C'est le genre de profil que les gens apprécient à La Paillade. Il représentait bien les valeurs de notre club », se rappelle Laurent Nicollin.

Né le 18 novembre 1965 à Lodz, Jacek Ziober a débuté sa carrière professionnelle dans sa ville natale (1982-1990) avant de rejoindre Montpellier à l'été 1990. Il a ensuite évolué à l'Osasuna Pampelune (1993-96), à Amica Wronki (1996-97) et terminé sa carrière aux États-Unis, au Tampa Bay Mutiny. Il laisse le souvenir d'un homme normal au talent hors-norme, qui avait fait oublier Cantona et incarné Montpellier lors de son épopée européenne.