À 26 ans, Clément Vidal, défenseur du Grenoble Foot 38, retrouve son club formateur, le Montpellier Hérault SC, vendredi 9 septembre à La Mosson. Des retrouvailles qu’il aborde sans amertume, fort d’un parcours qui l’a mené d’Ajaccio à Grenoble, où il s’est imposé comme un cadre, portant même le brassard de capitaine lors des quatre derniers matches.
Un match à part contre le club de sa ville
Interrogé sur le nombre de fois où il a affronté Montpellier dans sa carrière, Clément Vidal répond : « Ah dans la semaine, j’ai regardé ! Logiquement j’ai dû les affronter deux fois avec Grenoble et deux fois avec Ajaccio, donc quatre je dirais. » Pour lui, cette rencontre reste spéciale : « Forcément. D’autant plus que ce n’est pas juste mon ancien club, c’est mon club formateur, donc c’est différent. Et puis c’est le club de ma ville. Cet aspect rentre aussi en compte. »
Le défenseur n’a évolué qu’une seule fois en professionnel avec ce maillot à La Mosson, contre Saint-Étienne en mai 2021, et trois au total. Un regret ? « Forcément, ça peut rester un regret parce qu’on a envie de porter les couleurs de son club, de son club formateur. Mais c’est très bien digéré parce que c’est ce qui m’a permis d’avoir la carrière que j’ai aujourd’hui et j’en suis fier. J’ai ressenti plus de regrets avant. Maintenant, je suis très tranquille avec cette idée-là, même si forcément j’aurais aimé jouer un peu plus à La Mosson. »
De la Gambardella à la frustration
Clément Vidal était capitaine de l’équipe qui a remporté la Gambardella en 2017 et a mené la Youth League en 2019, avec un huitième de finale contre Chelsea. À l’époque, le chemin semblait tracé. « À un moment donné, on se le dit quand on passe les étapes. Après, on est conscient de ce qui reste aussi pour franchir le dernier étage, qui est le plus dur. Parfois, ça peut être frustrant. Quand on a l’habitude de passer ces paliers, et soudain on met un peu plus de temps, on devient plus impatient. Ça peut engendrer de la frustration. »
De cette génération vainqueur de la Gambardella, peu ont réussi à s’imposer chez les pros, hormis Nicolas Cozza, Dimitry Bertaud et lui-même. « C’est la différence qu’il y a entre le monde jeune et le monde adulte déjà, puis le monde professionnel ensuite. Je pense sincèrement qu’il y avait la possibilité d’être plus nombreux à passer le palier. » Il cite toutefois des exemples de joueurs qui s’accrochent : « On voit aussi l’émergence de Lucas Llort, revenu en Ligue 3 (à Amiens), ou Romain Caumet (à Châteauroux). Les joueurs s’accrochent. On va entendre parler de certains dans un ou deux ans, ils font leur petit bout de chemin. »
Un contexte différent à Montpellier
Interrogé sur la confiance accordée aux jeunes par le MHSC aujourd’hui, notamment après la finale de Gambardella en mai dernier, Clément Vidal estime : « Peut-être oui, que ce n’était pas le bon moment pour nous à Montpellier pour s’imposer et lancer complètement notre carrière. Parce qu’une génération qui gagne la Gambardella, ce qui n’est plus arrivé depuis 2017, c’est quelque chose d’exceptionnel pour un club. Ça veut dire beaucoup sur la qualité de l’équipe et surtout sur cette mentalité paillade. » Il ajoute : « On sent vraiment que (le MHSC) fait confiance à ces jeunes joueurs. Il faut qu’il continue comme ça. C’est l’avenir. »
À son époque, la concurrence était rude, avec Vitorino Hilton, Daniel Congré et Pedro Mendes. « C’était l’époque d’un “gros” Montpellier, qui pouvait chaque année quasiment jouer le top 6. C’était un Montpellier compétitif avec énormément de qualités en Ligue 1. Donc ce n’est pas forcément comparable. »
Un départ difficile, un épanouissement en Isère
Clément Vidal a quitté Montpellier en 2021 pour Ajaccio, d’abord en prêt. « C’était un peu dur. La première année, je pars d’abord en prêt. De se sentir concerné dans un projet, ça ne m’était jamais arrivé dans le monde pro. Même si j’avais passé trois ans à être dans le groupe du MHSC, que je m’entraînais tout le temps avec les pros et faisais les feuilles de match, on ne se sent pas concerné de la même manière. » Il se souvient : « D’arriver dans un club, même si c’était un étage en dessous, et de pouvoir jouer assez jeune, à 21 ans, d’enchaîner les matches, franchement, ça n’a pas de prix. Je pense que tous les jeunes joueurs doivent aspirer à ça. »
Ces cinq dernières années l’ont fait grandir. « Déjà, les expériences de vie en tant qu’homme font grandir. Aujourd’hui, d’avoir pu vivre quatre ans à Ajaccio, et maintenant presque un an et demi à Grenoble, on apprend dans la vie de tous les jours, on rencontre de nouvelles personnes, c’est hyper enrichissant. En tant que joueur, c’est forcément l’expérience d’un temps de jeu. Quand tu es jeune et que tu n’as jamais joué, surtout pour un poste comme défenseur central, on va te le reprocher. On veut de l’expérience, on veut tel ou tel profil, et en fait, t’as envie de dire, “si je ne joue pas, je ne pourrai jamais l’avoir”. »
Un avenir tourné vers Grenoble
Sans le dépôt de bilan d’Ajaccio, il serait resté. « Honnêtement, je devais rester à Ajaccio sans ce dépôt de bilan. Quand il a eu lieu, j’ai dû prendre la décision très rapidement. Grenoble est venu à ce moment-là, j’ai pesé le pour et le contre et c’était vraiment un beau projet. Je n’ai pas été déçu, parce qu’en arrivant ici, j’ai reconnu un club famille, avec des valeurs, et c’est ce qui me plaît dans le foot, ce qui se perd de plus en plus aujourd’hui. Et c’est en ça que je me suis attaché très vite à ce club. »
Devenu un taulier de Grenoble, avec le brassard de capitaine porté lors des quatre derniers matches en l’absence de Mael Corboz, il affiche ses ambitions : « Changer, je ne saurais pas dire. Mais j’aspire à prendre de l’ampleur au sein de ce club. Je suis attaché au club, implanté, j’ai prolongé pour les trois prochaines saisons. J’ai vraiment envie de me développer et de faire partie des acteurs qui aident au développement du club. Je suis à fond dans le projet. »
Quant à Montpellier, il le voit comme un adversaire redoutable : « Montpellier fait partie des gros de ce championnat. J’en suis même convaincu. Déjà des gros noms, et en plus de ça, cette année, je pense qu’il y a vraiment une belle équipe, une équipe pour jouer les premiers rôles. » Il n’a d’ailleurs toujours pas battu son ancien club depuis son départ en 2021 : « Pour l’instant, zéro (rire). »