Ce mardi, Lionel Messi dispute son dernier match avec l'Argentine face au Bénin au stade Monumental de Buenos Aires. Mais derrière l'émotion des adieux, les conditions d'organisation de cette rencontre amicale suscitent des interrogations. Selon les médias locaux, le choix d'un adversaire comme le Bénin, et les conditions de voyage imposées à la délégation africaine, seraient liés aux difficultés financières de la Fédération argentine (AFA).
Un voyage éprouvant pour le Bénin
Comme le rapportent Mégasport et RMC, la délégation béninoise a subi un vol de 23 heures en classe économique, ponctué par un malaise de l'analyste vidéo. À leur arrivée à Buenos Aires, les joueurs ont été logés dans un hôtel sans eau chaude, avec un sauna en panne, une salle de musculation inadaptée et des terrains d'entraînement synthétiques jugés indignes d'un niveau professionnel. Plusieurs cadres, dont le milieu de terrain de Besiktas Junior Olaitan, ont été bloqués administrativement à l'aéroport et n'ont rejoint le groupe que dimanche en fin de journée.
Cette situation n'est pas nouvelle. Samedi, l'Argentine a écrasé le Burkina Faso 7-0, mais cette équipe s'était présentée avec sa sélection U23. Les cadres burkinabè avaient refusé de voyager après l'annulation « sans préavis, par l'affréteur de l'avion, du vol initialement programmé », a expliqué la Fédération burkinabè (FBF). Les jeunes joueurs ont été envoyés dans l'urgence, atterrissant à Buenos Aires cinq heures avant le coup d'envoi, après un vol low cost géré par l'Argentine. Ils sont repartis à 5 heures du matin.
Des économies qui interrogent
Selon un article de la Gazzetta Dello Sport publié samedi, la préférence pour des équipes africaines comme la Mauritanie, la Zambie ou le Burkina plutôt que le Maroc, le Sénégal ou la Côte d'Ivoire s'explique de façon « simple » : « La prime de participation pour ces équipes africaines mineures est nulle. L'intégralité des recettes est reversée à l'AFA et son agence de voyages, ne laissant rien aux adversaires. De plus, les déplacements impliquent des vols long-courriers réguliers à bas prix – généralement 12 à 13 heures aller-retour – avec une seule nuit d'hôtel entre les matchs. »
Ces choix sont liés, selon les médias locaux, aux problèmes financiers de la Fédération et aux ennuis judiciaires de son président, Claudio « Chiqui » Tapia. En mars, Tapia a été mis en examen pour évasion fiscale, après une plainte du fisc argentin qui accuse la Fédération d'avoir omis de payer des impôts et des cotisations sociales pour un préjudice estimé à 19 milliards de pesos (environ 11,8 millions d'euros). En mai, La Nación rapportait que la justice américaine enquêtait sur des mouvements de comptes en Floride et à Washington liés à des entreprises proches de l'AFA, dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent.
Des adieux sous tension
Malgré ces soucis, l'émotion sera au rendez-vous pour la dernière de Messi, considéré comme l'autre plus grand joueur de l'histoire du pays avec Diego Maradona. Mais l'avenir de la sélection semble marqué par ces turbulences, alors que l'AFA doit gérer des caisses vides malgré les centaines de millions de dollars générés par les récents succès de l'Albiceleste (Copa América, Coupe du Monde).
Ce contexte chargé sera effacé, mardi, par les adieux de Leo Messi, mais la fédération devra répondre à ces questions pour préparer l'après-Pulga.