Dans les archives : Michel Berrogain, une légende de la pelote basque s'éteint
Le 17 avril 2021, le monde de la pelote basque a perdu l'une de ses figures les plus emblématiques avec la disparition de Michel Berrogain à l'âge de 83 ans. Ce sportif d'exception, véritable légende locale, s'était illustré dans les spécialités du Chistera/Joko-garbi et du Rebot, atteignant les sommets de la discipline.
Des obsèques à la hauteur de sa renommée
Vendredi 23 avril 2021, l'église Sainte-Madeleine affichait complet, respectant la jauge autorisée, pour les obsèques de Michel Berrogain. Cette affluence témoignait de l'immense respect et de l'affection que la communauté portait à cet athlète hors pair dont la carrière a marqué l'histoire de la pelote basque.
Une carrière précoce et brillante
Dès l'âge de 18 ans, Michel Berrogain décrochait son premier titre national en catégorie junior au Rebot, aux côtés de partenaires prestigieux comme Loustalot, Etchenou, Lucu et Mendivé. Cette première consécration annonçait déjà une trajectoire exceptionnelle dans le monde de la pelote.
Il poursuivit ses conquêtes en seniors amateurs avant d'être promu en 1960 dans le championnat des indépendants, l'élite nationale en Joko-garbi, qui regroupait alors les semi-professionnels de l'époque. En seulement 13 ans dans cette catégorie d'excellence, il remporta six écharpes bleu-blanc-rouge, dont la première en 1962, associé à deux autres Saint-Palaisiens, Michel Loustalot et Gérard Bordaïsco.
L'apogée d'une carrière légendaire
L'année 1971 marqua l'apogée de sa carrière. Michel Berrogain triompha aux côtés d'un autre Mixain, Bernard Hourégue, et du Palois Pierre Péré, à Cambo, devant 1 500 spectateurs enthousiastes. Cette victoire intervint au terme d'une joute royale contre ses principaux rivaux, les Bayonnais Pauloréna, Duhalde et Escapil.
Il conclut son parcours en élite par un ultime titre en 1975, associé à Péré et Beñat Vergez de Tardets, en battant une nouvelle fois les Bayonnais renforcés par l'Haspandar Robert Poulou sur le score de 50-42.
Un as de la balle jusqu'au bout
Avant de raccrocher définitivement, Michel Berrogain tint à jouer une dernière saison sous les couleurs de son club de Saint-Palais. À 41 ans, il offrit à son club un ultime titre national lors de la « Grande Semaine » en Rebot, trophée des écrivains sportifs, aux côtés de Claude Uthurriscq, Jean-Louis Pontacq, Edouard et Baptiste Thicoïpé. Ils battirent en finale le duo Mautalen-Prat sur le score de 13 jeux à 2.
Son seul regret fut de ne pas avoir décroché le titre national (A) en Rebot/Seniors avec la belle équipe de Saint-Palais, composée d'Hourrégue, Loustalot, Uthurriscq, Lassalle et Garay. Ils échouèrent à deux reprises en finale, en 1963 et 1964, face à leur bête noire Hasparren et son redoutable leader Jeannot Sallaberry.
Une polyvalence sportive remarquable
Après sa carrière en pelote, Michel Berrogain s'essaya au tennis avec le même succès, accédant au plus haut niveau régional en catégorie vétérans. Il se qualifia même en 1994 pour le tournoi national final à Roland Garros, démontrant une fois de plus son talent exceptionnel.
Michel avait également joué à main nue (Trinquet) et au xare, possédant ce que beaucoup appelaient « le génie de tout ce qui rebondit ». Sa maîtrise technique et sa compréhension intuitive du jeu en faisaient un sportif complet et admiré.
Un héritage durable
La disparition de Michel Berrogain laisse un vide dans le monde de la pelote basque, mais son héritage sportif continue d'inspirer les nouvelles générations. Son parcours exceptionnel, marqué par de nombreux titres et une passion indéfectible pour son sport, restera gravé dans la mémoire collective de la région.
Ikus Arte Michel ! Ces mots résonnent comme un ultime hommage à ce grand champion dont la carrière a illuminé le paysage sportif basque pendant des décennies.



