Samir Ziani renaît de ses cendres : nouveau club, nouvelle catégorie et ambitions européennes
Samir Ziani renaît : nouveau club et ambitions européennes

Samir Ziani renaît de ses cendres après une défaite traumatisante

Huit mois après sa défaite par K.-O. à Clichy le 5 juillet dernier, le boxeur villeneuvois Samir Ziani opère une mue complète. Nouvelle catégorie de poids, nouveau club, nouveau staff et ambitions revues à la hausse : le quadruple champion de France et triple champion d'Europe repart de zéro pour écrire le dernier chapitre de sa carrière.

Une thérapie par la transmission au BTP CFA 47

Sur le fronton de la salle de performance du BTP CFA 47 à Agen, une photo de Samir Ziani envoyant un crochet du gauche côtoie les portraits de Mohamed Ali et Mike Tyson. La maxime écrite en lettres rouges « Ici on donne le meilleur de soi ! » résume l'état d'esprit du boxeur qui vient désormais quatre fois par semaine dispenser son savoir aux apprentis et à leurs formateurs.

« Pour ces jeunes, comme pour les personnes qui viennent dans ma salle de coaching personnel à Villeneuve, je n'ai pas le droit de baisser les bras », confie le parrain de ce CFA depuis sept ans. « Je ne peux pas leur dire qu'il ne faut jamais rien lâcher et ne pas l'appliquer à moi-même. »

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La défaite de Clichy : un coup d'arrêt brutal

La quatrième défaite en 41 combats professionnels face à Khalil El Hadri, la première par K.-O. dès la quatrième reprise, a constitué un véritable traumatisme. « Je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé, pourquoi ma jambe droite a lâché », avoue Ziani. « Mais j'avais déjà perdu avant de monter sur le ring... » Un coup d'arrêt brutal sur le chemin d'un titre mondial qui l'a poussé à se remettre en question radicalement.

Reconstruction et nouveau départ à l'Elbaja Boxing Academy

Pour « se reconstruire », Samir Ziani est parti se ressourcer de longues semaines au Maroc, envisageant même un temps d'y poursuivre sa carrière. Le boxeur qui fêtera ses 36 ans le 19 juillet prochain a opéré un tri drastique dans son entourage : « Je me suis renfermé sur moi-même. J'ai coupé avec mon coach, Mohamed Bennama, et le Blagnac Boxing Club où j'étais depuis mes 18 ans. Je me suis isolé de beaucoup de monde et le tri s'est fait naturellement autour de moi. »

Après avoir envisagé un retour au club de ses débuts à Fumel, c'est finalement vers l'Elbaja Boxing Academy de Tours que le Villeneuvois s'est tourné. Il va y retrouver cette semaine Nedjid Elbaja, qui l'avait détecté à 17 ans pour la sélection du Maroc, pour finaliser les contours d'une collaboration destinée à durer « minimum cinq ans » avant le raccrochage des gants.

Nouvelle catégorie et objectif européen

Samir Ziani change de catégorie pour passer des super-plumes (-59 kg) aux poids légers (-61,2 kg). « Ce n'est pas pour manger plus, mais pour être plus explosif ! », explique-t-il. « Je vais avoir plus de puissance, je serai plus rapide. » C'est dans cette catégorie qu'il a obtenu ses victoires avant la limite et c'est désormais vers la ceinture européenne EBU qu'il dirige ses ambitions.

« Ça peut être très rapide par rapport à mon niveau », estime le boxeur. « J'ai déjà battu des gars qui ont fait leurs preuves chez les légers. » Séparé de son manager Gary Hyde, il prévoit un combat de reprise avant l'été, en mai ou juin, dans un lieu encore à déterminer.

Engagement politique et transmission aux jeunes générations

En dehors des rings, Samir Ziani poursuit son engagement social et politique. Élu 6e adjoint du maire de Bias, Xavier Llopis, en charge des sports, de la jeunesse et de la vie associative, il explique : « Je voulais le package social pour faire un gros travail de rencontres intergénérationnelles à travers le sport. »

Installé à Bias, juste à la frontière avec Villeneuve-sur-Lot, il maintient cependant d'excellentes relations avec le maire de Villeneuve, Guillaume Lepers, qui vient régulièrement s'entraîner dans sa salle.

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La renaissance de Samir Ziani s'inscrit dans une quête de sens qui dépasse le simple cadre sportif. « Je veux encore faire rêver mes trois garçons et en faire des champions de la vie », conclut le boxeur. « Donc je n'ai pas le choix : il faut que je continue à me battre. » Une détermination intacte qui pourrait bien lui permettre de décrocher cette ceinture européenne tant convoitée.