Estelle Mossely : une championne olympique face à ses derniers défis avant la retraite
À 33 ans, Estelle Mossely, championne olympique en 2016 et championne du monde IBO en professionnel en 2019, vit une période charnière de sa carrière. L'année 2024 a été particulièrement difficile pour la boxeuse, marquée par une élimination prématurée en 16e de finale aux Jeux olympiques de Paris, qu'elle n'a pas abordés dans les meilleures conditions. Malgré cette désillusion, elle conserve une soif de défis intacts et se donne jusqu'à la fin de l'année 2026 pour réaliser ses derniers exploits avant de raccrocher définitivement les gants.
Une préparation intensive à Royan pour des combats décisifs
C'est à Royan, en Charente-Maritime, qu'Estelle Mossely a choisi de préparer ses prochains combats parisiens des 9 et 23 avril. Le premier affrontement l'opposera à la Colombienne Bexcy Mateus, qui affiche un bilan de 8 victoires pour 2 défaites. Ce combat sert de répétition générale avant un enjeu majeur : une confrontation pour le titre mondial WBA Intérim face à l'Argentine Karen Elizabeth Carabajal, dont le palmarès compte 25 victoires et 3 défaites.
Pourquoi avoir opté pour Royan, loin de la région parisienne et de ses deux enfants, pour cette préparation cruciale ? La championne explique : « C'est ma dernière année de boxe et il faut savoir saisir les opportunités quand elles viennent. Je suis prête à accepter de partir de chez moi pour me concentrer pleinement. À Royan, je n'ai pas mes garçons, ce qui réduit la charge psychologique. Mes journées sont rythmées uniquement par les entraînements, et je peux récupérer correctement, ce qui est essentiel après des séances intensives. »
Un environnement propice à l'excellence
Le club Roc Boxe de Royan offre un cadre idéal pour cette préparation de haut niveau. Estelle Mossely souligne : « Les entraînements sont qualitatifs, les sparring-partners sont présents, et l'équipe est très accueillante. Je me sens presque comme chez moi ici, ce qui compte énormément dans une préparation. » Parmi ses partenaires d'entraînement, on trouve Zakaria Lahnech, licencié du Roc Boxe, et Gérard Sugliani, un autre espoir du club qui avait déjà collaboré avec la sélection cap-verdienne avant les JO 2024.
Une candidature à la présidence de la Fédération française de boxe
En décembre 2024, Estelle Mossely a tenté de se présenter à la présidence de la Fédération française de boxe, mais sa liste a été invalidée en raison d'une licenciée sans licence valide. Dominique Nato a été réélu avec 94,69 % des voix, malgré une abstention de 30,76 %. La boxeuse commente : « Apparemment, Dominique Nato ne se représentera pas dans trois ans. Plusieurs candidats seront probablement en lice, et moi, je serai préparée cette fois-ci. Ma candidature était un coup de gueule pour montrer que les boxeurs peuvent s'investir. D'ici 2028, je serai prête. »
Ce « coup de gueule » visait à dénoncer les difficultés rencontrées lors de l'année 2024, notamment après une fracture du nez en octobre 2023. « Je ne me suis pas sentie aidée, j'étais seule pour trouver un médecin et gérer les complications. Cela m'a motivée à m'engager, même si je n'étais pas encore prête pour devenir présidente. »
Un titre mondial en ligne de mire
Le combat pour le titre WBA mondial intérim représente une opportunité cruciale pour Estelle Mossely de se repositionner sur la scène internationale. « C'est une façon de me replacer, car beaucoup de choses bougent à l'international, avec des promotions comme MVP. Des négociations sont en cours, et j'ai saisi cette chance. Le combat du 9 avril, en huit rounds, me préparera parfaitement pour cet enjeu mondial. »
Avec 11 victoires et un nul en professionnel, Estelle Mossely aborde cette ultime phase de sa carrière avec détermination et expérience, cherchant à laisser une dernière empreinte dans le monde de la boxe avant de tourner la page en 2026.



