Kitefoil : Nolot et Caval, un doublé historique à Hyères
Nolot et Caval brillent à Hyères en kitefoil

La brise d’Est, encore timide en matinée, a fini par s’installer franchement au large du port Saint-Pierre et de Porquerolles à 15 nœuds dans l’après-midi, offrant aux foilers la piste idéale pour courir vite, très vite. C’est dans ce cadre-là, celui de leurs jardins, que Lauriane Nolot et Lysa Caval ont signé, ce vendredi, le plus beau doublé du kitefoil français depuis des années. L’une après l’autre, elles ont paradé sur le plan d’eau dans leurs combinaisons tricolores. Lauriane a glissé le drapeau français dans les mains de Lysa avec un large sourire. Comme des sœurs. L’image résume, mieux que n’importe quel classement, ce que cette semaine hyéroise a révélé : une paire d’athlètes soudées, complémentaires, qui se tirent mutuellement vers les sommets.

Une finale dames à couper le souffle

La finale dames a tenu toutes ses promesses. Nolot, 27 ans, n’a laissé aucune chance à la championne du monde espoirs 2025, l’Argentine Maria Catalina Turienzo. Première à Palma début avril, première ici : ce doublé de début de saison confirme que la Campsoise vole bien dans une autre dimension. Derrière, le bronze se jouait entre plusieurs prétendantes. Lysa Caval, 21 ans, était septième à l’entame des phases finales. Une position inconfortable, presque rédhibitoire. La native d’Hyères, de retour de commotion, a pourtant avalé les concurrentes une à une, coiffant la Chinoise Si Wang dans les derniers hectomètres pour s’emparer de sa première médaille en coupe du monde.

« Mon objectif aujourd’hui était de faire la plus grande remontada possible. Me retrouver sur le podium, c’est vraiment cool », souriait-elle.

Une remontada de championne

La remontada est en train de devenir la marque de fabrique de Caval. Troisième à l’Euro l’an passé dans les mêmes conditions chaotiques, quatrième à Palma il y a quinze jours après une demi-finale à l’arraché : à chaque fois, elle relève la tête quand d’autres baissent les bras. « Je commence à m’y faire, sourit-elle. C’est un peu risqué mais c’est grisant. » Son entraîneur Pascal Chaullet ne cache pas sa satisfaction : « Elle est très rapide, très pertinente dans les petites flottes. Elle a une vraie carte à jouer là-dessus. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le travail de l'ombre pour Nolot

Pour Nolot, la victoire résonne différemment. Elle est le fruit d’un hiver entier passé à travailler dans l’ombre, à reconstruire un corps et une tête abîmés par une blessure contractée après les Jeux de Paris. « Là, tout l’hiver, j’ai vraiment mis l’accent sur la préparation physique. J’ai perdu du poids mais j’ai voulu compenser avec de la force musculaire. J’ai l’impression que ça marche plutôt pas mal. » Le résultat est brut de décoffrage : deux victoires en deux étapes du Sailing Grand Slam. « Je me sens prête pour le Mondial », lâche-t-elle, les yeux brillants.

Un collectif soudé

L’échéance qui obsède les deux femmes pointe à quinze jours. Le Championnat du monde, au Portugal, dans des conditions qui promettent d’être complexes : de la houle, du courant, de l’incertitude. La vice-championne olympique le dit sans fausse modestie : elle veut son titre. Celui qu’elle avait enlevé en 2023 et 2024, qu’elle a effleuré l’année dernière avant de terminer sur le podium à la troisième place, dans un retour à la compétition prudent. Cette fois, la machine tourne à plein régime.

Ce qui a changé aussi, c’est le collectif. La préparation olympique de Paris, Nolot l’a vécue comme une épreuve. « Il n’y avait pas une super bonne ambiance entre les filles ». Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. Les deux femmes s’entraînent ensemble à la base nautique d’Hyères, testent la ligne de départ ensemble avant les régates, s’échauffent côte à côte. « On a compris que de travailler à deux, ça nous porte vers le haut », glisse-t-elle. Chaullet confirme les progrès : « Il y a deux ans, au championnat du monde 2024, Lauriane gagnait et Lysa était dix-neuvième. Là, elles partagent le podium. » La « formule du succès », Caval la résume simplement : « Un bon groupe d’entraînement qui se tire tous vers le haut. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale