Yoram Moefana : le pari audacieux d'un départ à 13 ans de Futuna pour la gloire du rugby français
Yoram Moefana : son départ à 13 ans de Futuna pour le rugby

Yoram Moefana : le courage d'un départ à 13 ans de Futuna pour conquérir le rugby français

Si Yoram Moefana brille aujourd'hui comme titulaire en équipe de France, ce statut est le fruit d'un pari audacieux pris à l'âge de 13 ans seulement. Le centre international de l'UBB, âgé de 25 ans et comptant 37 sélections, doit en grande partie sa réussite à sa décision de quitter Futuna, un territoire français du Pacifique, pour rejoindre la Métropole. Cette transition, soutenue par ses oncles Tapu et Tiaki Falatea, a façonné son parcours, mêlant sacrifices, apprentissage et détermination.

Un départ précoce négocié avec sa famille

À seulement 13 ans, Yoram Moefana a dû convaincre sa mère de le laisser partir en France, un défi émotionnel pour tous. « Elle ne voulait pas trop que j'aille à Wallis ou en Nouvelle-Calédonie. Comme je suis très proche de mes oncles, j'ai réussi à la convaincre de me laisser partir en France pour les études et le rugby », explique-t-il avec un sourire. Sa mère, bien que réticente, a placé sa confiance en ses oncles, sachant qu'ils veilleraient sur lui. Devenu père lui-même, Moefana mesure aujourd'hui l'ampleur de cette décision : « Si mon enfant me dit qu'il a envie de partir à 13 ans, je pense que je vais me poser beaucoup de questions ».

De Futuna à la France : un choc culturel et personnel

Arrivé à Limoges pour rejoindre son oncle Tapu, Yoram Moefana a rapidement découvert un monde différent. « Avec toutes les voitures, les autoroutes, les feux de signalisation, je me suis vite rendu compte que c'était autre chose que les îles », se souvient-il. Accueilli par la neige, vêtu seulement d'un short et d'un t-shirt, il a dû s'adapter à un nouvel environnement, loin du confort familial où il était considéré comme le « petit prince » de la famille. Cette période a été marquée par des défis linguistiques, car il ne parlait français qu'en classe à Futuna, utilisant le futunéen au quotidien.

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Le rôle crucial des oncles et de la communauté

Ses oncles Tapu et Tiaki ont joué un rôle pivot dans son éducation et son intégration. Tapu lui faisait faire des dictées pour améliorer son français, tandis que Tiaki imposait une discipline stricte, notamment pendant le confinement de 2020 en l'incitant à des footings à l'aube. « Ils m'ont poussé à me responsabiliser », reconnaît Moefana. La vie en colocation avec des amis comme Yann Peysson et Pierre Pacheco a également été déterminante, leurs parents l'ayant traité comme leur propre enfant, l'aidant à surmonter l'absence de sa famille.

Des moments de doute surmontés par la solidarité

Le parcours n'a pas été sans difficultés. Yoram Moefana admet avoir connu des moments de doute, nostalgique de la vie tranquille à Futuna. « J'avais parfois envie de rentrer », confie-t-il. Cependant, la camaraderie au sein de la maison, avec des sessions de PlayStation ou des entraînements partagés, a maintenu la motivation. « C'est ce qui nous a permis de garder le cap et de nous pousser les uns les autres pour réussir notre vie ».

Une carrière forgée par la persévérance

Aujourd'hui, Yoram Moefana regarde son parcours avec gratitude, attribuant sa réussite à des rencontres opportunes et à un alignement favorable des circonstances. « Je me dis que j'ai eu de la chance, les planètes se sont bien alignées », déclare-t-il. Son évolution, de Colomiers à Bordeaux, a été guidée par les conseils de ses oncles, Tiaki lui affirmant que rejoindre l'UBB était « probablement le meilleur choix » pour commencer sa vie en autonomie.

En repensant à son jeune moi de 13 ans, Moefana rit en le qualifiant de « petit con » pour son caractère espiègle, mais il reconnaît que c'est le plaisir du rugby qui l'a conduit à ce niveau. Cette histoire illustre comment un départ courageux, soutenu par une famille dévouée, peut transformer un rêve en réalité sur les terrains de rugby français.

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