Un drame qui marque un tournant pour le rugby occitan
Joël Castany, président de la Ligue Occitanie, la plus grande ligue de rugby de France, s'exprime suite à l'agression violente d'un joueur de Sévérac-le-Château par un adversaire de Maureilhan-Montady lors d'un match de Régionale 2. Cet incident, survenu récemment, a profondément bouleversé le monde du rugby.
Une réaction mesurée face à l'émotion
Initialement bouleversé, Castany adopte désormais une posture plus réfléchie. "On ne doit pas réagir à cet acte sous le feu de l'émotion qui est mauvaise conseillère", déclare-t-il. Il évoque également un malentendu médiatique concernant une prétendue prise de drogue, alors que la ligue consacre des fonds à la lutte contre les addictions et les violences.
Le jeune joueur, Noha, va mieux, mais Castany insiste : "Il y aura un avant et un après." Il appelle à accélérer les efforts en matière de prévention, d'éducation et de formation, tout en maintenant des sanctions appropriées.
Un contexte contrasté pour la discipline
Au moment de l'incident, la ligue se félicitait d'une baisse des dossiers disciplinaires chez les séniors, grâce à des sanctions comme l'exclusion des championnats. Cependant, la situation est différente chez les jeunes, bien que plus calme chez les filles.
Castany avait convoqué une réunion discrète pour évaluer les mesures futures, mais cet événement donne une nouvelle urgence à la réflexion. Il souhaite élargir le spectre des actions et vise une assemblée générale le 13 juin pour marquer ce changement.
La violence, un reflet de la société
Le président observe une banalisation de la violence interpersonnelle. "Nous sommes l'éponge de la société", affirme-t-il, notant une dégradation dans divers domaines, des ententes internationales aux familles. Il illustre ce phénomène par une bagarre survenue aux Jeux Olympiques dans un sport non violent comme le curling.
Malgré cela, Castany relativise : sur 600 matches joués le dimanche du drame, seuls deux ou trois foyers de friction sont signalés. Mais il reconnaît la gravité de l'acte commis, le qualifiant d'"irresponsable".
Défendre l'image du rugby du Sud
Face aux stéréotypes associant le sud de la France à un rugby violent, Castany rappelle que la Ligue Occitanie est la plus grande de France et d'Europe. "Statistiquement, le pourcentage le plus élevé lui revient forcément", explique-t-il, tout en soulignant la passion locale. Il cite en exemple un derby moins rugbystique dans le Nord, sans excuser la violence.
Il distingue contacts sportifs et violences, notant que le rugby, en tant que sport de contact, est exposé à des réactions épidermiques, mais qu'un cap a été franchi ici. La solution, selon lui, ne viendra pas d'une seule personne mais d'une mobilisation générale pour préserver l'intégrité du sport.
Des leviers pour l'avenir
Castany prône une approche philosophique plutôt que des solutions rapides. "On ne réglera pas les choses en trois mois avec des sanctions médiatiques", dit-il, préférant des actions de fond. Il insiste sur la responsabilité partagée, notamment dans les écoles de rugby où des comportements inappropriés sont déjà observés.
Il propose de repenser la formation en intégrant des aspects sociétaux et éducatifs. Pour les supporters et les familles, de nouveaux outils comme Perf'Arbitres permettent de noter les comportements inappropriés. Castany souhaite renforcer leur utilisation et promouvoir la vidéo pour surveiller les matchs.
En conclusion, il appelle à une panoplie de mesures modestes mais nombreuses, rejetant l'idée d'une baguette magique. "Ensemble, on peut réduire le risque", affirme-t-il, visant une baisse de l'intensité violente dans le rugby occitan.



