Rugby y Toros à Captieux : une feria taurine et rugbystique qui perdure grâce aux bénévoles
Les arènes de Captieux, en Sud-Gironde, se préparent à vibrer aux rythmes croisés du rugby et de la tauromachie pour une nouvelle édition de Rugby y Toros les 5, 6 et 7 juin 2026. Cet événement hybride, initié en 1993 par André Durantau, conserve malgré plus de trente ans d'existence une part d'incertitude qui le fait ressembler chaque année à une « année zéro ».
Un cartel attractif pour une édition prometteuse
« Nous avons cette année un cartel très attractif ! Et qui va donner envie de venir à Captieux », s'enthousiasme Jean-François Majesté, éleveur et responsable de la ganaderia La Espera. Mardi 14 avril, lors du lancement officiel du compte à rebours dans les arènes Jean-Sango, élus, responsables associatifs et aficionados se sont réunis pour évoquer les défis et les promesses de cette feria devenue incontournable en Gironde.
Le programme s'annonce riche :
- Vendredi soir : ouverture avec un marché gourmand
- Samedi : tournoi de rugby à cinq le matin, tournoi féminin des moins de 15 ans l'après-midi, et match entre l'équipe de Gascogne et une sélection cantalienne à 16 heures
- Dimanche : journée taurine avec une novillada non piquée à 11 heures et une novillada piquée à partir de 17h30
L'engagement bénévole, socle essentiel de la manifestation
« Les arènes ne sont rien sans vous », a souligné la maire Christine Luquedey en s'adressant aux bénévoles présents. « Tant que les bénévoles sont là, ça veut dire qu'on peut continuer. C'est un travail d'équipe. C'est grâce à eux que l'on peut proposer une grande novillada à Captieux. »
Si la municipalité fournit le matériel, la préparation de l'événement repose largement sur l'engagement des passionnés, véritables chevilles ouvrières de cette feria unique en son genre. « C'est de plus en plus compliqué d'obtenir des financements privés pour organiser des événements – et ce n'est pas propre à ici », rappelle Jean-Luc Gleyze, président du Département et élu de Captieux.
Des défis financiers croissants
Stéphane Brethes, président de l'association Renouveau et Tradition qui organise Rugby y Toros, ne cache pas les difficultés : « Ça fait de plus en plus peur. On n'est pas des philanthropes et les budgets sont de plus en plus difficiles à tenir. » Avec un budget de 130 000 euros dont « à peine 2 % proviennent d'aides publiques », l'association dépend essentiellement des partenariats privés et des recettes de la buvette.
Dans le paysage girondin, Captieux fait presque figure d'exception. « C'est une des rares propositions taurines, parfois la seule, comme l'an dernier, en Gironde », insiste Jean-Luc Gleyze. Après l'annulation du rendez-vous de La Brède en 2025 – qui fera finalement son retour cette année –, les réalités économiques pèsent sur toutes les décisions.
Le rugby comme passerelle vers un public élargi
L'équilibre fragile de l'événement suppose aussi de remplir les gradins. Dans les arènes de Captieux, les seules de Gironde, l'enjeu est d'élargir le public pour faire vivre la feria. Le rugby sert ici de passerelle entre deux mondes : « Si on veut de la fréquentation, il faut aller chercher les jeunes, faire venir les petits », explique Stéphane Brethes.
La Nuit Rugby y Toros en février dernier, qui a mêlé l'entraîneur de l'UBB Yannick Bru et le torero Clemente, a montré la voie. Deux univers qui partagent certaines valeurs, et surtout un rugby dont la popularité peut permettre de transformer l'essai en termes de fréquentation.
Un programme taurin de qualité
Le dimanche taurin promet des moments forts :
- À 11 heures, une novillada non piquée orchestrée par Fiesta Garona réunira le jeune Espagnol Manuel León, élève de l'école de Badajoz, et Jules Dujols, dit Julio Martin, présenté comme une « promesse du Sud-Ouest ». Tous deux affronteront des taureaux de la ganaderia La Espera.
- À partir de 17h30, la novillada piquée proposera un cartel international avec le Mexicain Emiliano Osornio (récent lauréat du Zapato de Oro d'Arnedo), l'Espagnol Alvaro Serrano (remarqué lors de la temporada 2025) et le Français Clovis (qui fera ses débuts dans cette catégorie). Ils combattront des novillos de la ganaderia Gallon.
Malgré les incertitudes et les défis financiers, Rugby y Toros continue d'incarner cette alchimie particulière entre tradition taurine, passion rugbystique et engagement bénévole. « Même si on est « que » Captieux, beaucoup nous envient le modèle », conclut Stéphane Brethes. « Mais la variable d'ajustement, c'est bien les finances. Alors heureusement qu'on peut compter sur les bénévoles. C'est aussi ça, Rugby y Toros : des copains, des gens passionnés. »



