Un rapprochement historique pour le rugby bordelais
Le 10 mars 2006, les dirigeants du Stade Bordelais, évoluant en Pro D2, et du CA Bordeaux-Bègles Gironde, en Fédérale 1, ont annoncé la création d'un socle pour une équipe professionnelle commune. Cette annonce, faite à la Maison du bâtiment et des travaux publics dans le quartier du Lac à Bruges, symbolise un moment clé pour le rugby de l'agglomération bordelaise. Les deux clubs ont parlé d'une seule voix pour affirmer leur volonté de s'unir dans un équilibre parfait de 50/50, posant ainsi les bases d'un projet ambitieux mais encore à construire.
Les acteurs clés du projet
Le comité de pilotage est composé de six personnes, avec trois représentants de chaque club. Pour le Stade Bordelais, on retrouve Philippe Moulia, président omnisports et directeur adjoint d'Eiffage construction Atlantique, Jean-Pierre Lamarque, président de la SASP, et Hervé Hargous, directeur général. Côté béglais, les frères Michel et Alban Moga, coprésidents du CABBG, et Raymond Chatenet, responsable financier, sont les figures de proue. Ces dirigeants ont choisi le slogan : « Si nous n'avons pas les mêmes cultures, nous avons les mêmes valeurs », soulignant leur engagement commun malgré des histoires distinctes.
Alban Moga a déclaré : « Nous sommes au pied du sommet. Nous allons essayer de travailler dans le meilleur esprit et dans le respect des uns et des autres. Si ce n'est pas encore une histoire d'amour, c'est déjà une histoire d'amitié. » Pour concrétiser cette union, quatre commissions – sportive, financière, partenariat/marketing et juridique – vont être mises en place dès la semaine suivante, afin de donner des bases solides au projet.
Les défis à relever
Malgré l'enthousiasme affiché, les détails concrets restent limités. À ce stade, la future équipe professionnelle n'a pas de nom, de stade, de couleurs de maillot, d'entraîneurs ni de joueurs. Cependant, les joueurs actuels du Stade Bordelais en Pro D2 ont de bonnes chances de défendre le nouveau maillot. Les dirigeants ont rencontré leurs joueurs pour expliquer la situation, et si la plupart semblent favorables, la pratique s'annonce complexe. Actuellement, il existe quatre équipes – Pro D2 et espoirs au Stade, Fédérale 1 et Fédérale 1B à Bègles – qui devraient être réduites à deux formations, posant des questions d'organisation et d'intégration.
Le comité de pilotage insiste sur le respect des identités et cultures des deux clubs. Ainsi, chaque association gardera ses équipes de jeunes et son école de rugby, tandis que le CABBG conservera son centre de formation. Le budget global est estimé à environ 3,2 millions d'euros, avec 2,2 à 2,5 millions dédiés à l'équipe professionnelle et aux espoirs, 200 000 € pour le centre de formation, 300 000 € pour le fonctionnement du CABBG et 250 000 € pour celui du Stade Bordelais.
Les enjeux juridiques et institutionnels
Un volet essentiel du projet concerne les aspects juridiques. Les dirigeants ignorent encore si la Ligue nationale de rugby (LNR) exigera la création d'une troisième SASP, le CABBG venant d'en établir une pour son centre de formation, ou s'il faudra élargir celle du Stade Bordelais avec une parité dans le capital. Pour renforcer cette dimension, le comité de pilotage a été élargi avec un juriste de chaque club : Patrick Trassard pour le CABBG et Jean-Paul Geneste pour le Stade Bordelais, chargés de travailler rapidement sur ces questions.
Ce projet rappelle celui de Serge Simon, initié lors de la saison 2004/2005, lorsque le Stade Bordelais accédait à la Pro D2 et le CABBG descendait en Fédérale 1. Michel Moga a rendu hommage à ces efforts antérieurs, notant que les deux clubs n'étaient alors pas prêts, mais qu'ils ont aujourd'hui décidé de cimenter leur union pour éviter la disparition du rugby de haut niveau dans la région. La LNR et la Fédération française de rugby (FFR) semblent favorables à cette initiative, et les partenaires institutionnels ont déjà exprimé leur soutien.
En somme, ce rapprochement historique entre le Stade Bordelais et Bordeaux-Bègles marque un nouveau chapitre pour le rugby bordelais, avec l'espoir de bâtir une structure solide et durable pour l'avenir.



